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Sophie Thunus : Université de Liège
L'analyse de dynamiques informelles des relations sociales permet de comprendre l'élaboration et l'implémentation des dispositifs. Elle met en lumière les mécanismes par lesquels ils contribuent à reproduire le système social existant mais aussi les pratiques novatrices émergeant à la marge. Elle soutient ainsi le développement de dispositifs encouragent l'enactment des ressorts pragmatiques du changement.
La réorganisation des soins de santé mentale est, en Belgique, un objectif politique depuis les années 70. Les dispositifs associés ont d'abord été institutionnels et centralisés, avant d'évoluer vers des projets-pilotes, encourageant la participation des acteurs de terrain, afin de prendre en compte la complexité du champ.
Trois dispositifs ont été étudiés au travers d'analyses documentaires, d'entretiens, d'observations et de focus groupe. Les données ont été analysées dans une perspective d'action publique (sociologie de l'action organisée).
Les dispositifs ne parviennent pas à produire le changement escompté. Les résistances sont semblables au cours du temps, bien que les dispositifs évoluent. Ceci démontre la persistance de règles du jeu informelles, structurant les relations sociales. Malgré ces résistances, en véhiculant de nouvelles conceptions, les dispositifs suscitent de nouvelles pratiques. Celles-ci sont difficilement objectivables, mais elles représentent d'importants ressorts de changement.
L’art d’induire un changement organisationnel ou d’intervenir dans un cadre social ou encore de mener une consultation pour amener un système humain à évoluer se dessine selon une panoplie de techniques et d’observations. Celles-ci tiennent de la science mais aussi de l’art de mener une consultation avec et non contre un groupe humain. Dans ce sens, psychosociologie, intervention sociale, relations humaines et communication organisationnelle sont des termes habillant variablement cette science-art selon les milieux où on l’apprend. Ceci se réalise aujourd’hui dans un contexte où il semble que les personnes recherchent de plus en plus le respect de leur complexité pour leur condition, leurs décisions, leurs modes relationnels au travail comme dans leur vie sociale. Les techniques développées dans les années 60 à 90 du siècle dernier pourraient être mal adaptées à la complexité des réalités traitées et il importe de faire le point sur les approches actuelles.