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Ida Ngueng Feze : Université McGill
Les études concernant les cheveux sont souvent confinées aux perspectives esthétiques ou scientifiques du discours dominant et touchent rarement aux explorations liées à l'absence dans les médias de la présence et l'expression des cheveux naturels des femmes d'origine africaine. Pourtant, l'histoire, le droit, l'économie et même la musique sont autant de domaines qui ont participé à la suppression de cette physionomie dans l'espace sociétal global. Cette lacune a récemment été remise en question par le phénomène de la révolution capillaire du naturel qui revendique une place de droit aux cheveux crépus. Plus qu'un mouvement esthétique, cette révolution rejette les pratiques qui mettent en danger la santé (physique et mentale) de certaines femmes et propose une réévaluation des implications profondes concernant cette texture capillaire particulière, sa contribution à la diversité humaine, à l'identité féminine et communautaire. Alors que le dialogue anglophone a pris son essor, une carence académique demeure dans le contexte interculturel et linguistique (francophone) et souligne le besoin d'intégrer plus de femmes concernées afin de prendre en compte leurs perceptions et les ramifications que celles-ci peuvent avoir sur leur santé et comportement sociétal.
Quels sont les apports des femmes racisées à la recherche féministe? Cette rencontre du Réseau québécois en études féministes vise à explorer les différentes facettes de la réalité de la recherche féministe au Québec en lien avec les femmes racisées, et à en rendre compte. Dans un premier temps, le colloque s’intéresse à la contribution qu’apportent les femmes racisées à la recherche féministe au Québec : où sont-elles, sur quels sujets travaillent-elles, comment contribuent-elles à l’analyse féministe au Québec? Dans un second temps, l’objectif est de donner la parole à l’ensemble des chercheures féministes qui travaillent sur les femmes racisées au Québec et de cerner les problématiques, questions et enjeux qui émergent de leur démarche. Dans quels termes la recherche féministe produite au Québec aborde-t-elle les femmes racisées? Quels sont les principaux axes de recherche? En quoi le fait de porter attention au processus de racialisation permet-il de générer de nouvelles connaissances sur les réalités des femmes en recherche et des femmes comme sujets de la recherche? Y a-t-il des réticences à l’élargissement du sujet-femme au centre du féminisme québécois? Le colloque entend faire un bilan de la contribution des travaux par et sur les femmes racisées à la recherche féministe au Québec. Comment cette recherche contribue-t-elle à enrichir les connaissances sur les femmes et sur la société québécoise? Par le biais de ce colloque nous aimerions mettre en lumière les nouvelles perspectives d’analyse qui émanent de ces travaux et leur contribution à l’enrichissement des études féministes au Québec. En quoi les perspectives intersectionnelles, antiracistes et postcoloniales viennent-elles éclairer les débats et quelles sont les limites de ces approches? Comment le « Black feminism », le féminisme musulman et le féminisme autochtone sont-ils reçus par le féminisme québécois ?
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