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La santé mentale des Autochtones au Canada : une double peine transgénérationnelle

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Stéphane Grenier : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Résumé de la communication

Les autochtones forment une minorité différente des autres minorités au Canada. Lorsqu'on parle de santé mentale en milieu autochtone, il est presque impossible de ne pas parler du traumatisme des pensionnats et de la souffrance qui y est reliée. Ce traumatisme historique a laissé de lourdes traces. On parle d'une perte des repères culturels et d'une déstructuration des liens sociaux. La question de la santé mentale des autochtones devient importante à considérer. Les autochtones du Canada migrent vers le sud du pays en fuyant les conditions de vies difficiles du nord. Cette migration donne lieu à une nécessaire adaptation des services de santé mentale. Ainsi, La communication traitera de la question du rapport minoritaire/majoritaire des autochtones dans les services de santé mentale à partir des propos recueillis dans une étude sur le passage à la vie adulte des jeunes autochtones (Goyette et al., 2011) et de l'expérience terrain du chercheur. La communication se penchera sur les questions suivantes : 1) Est-ce que la discrimination a un impact tangible sur la prestation des services de santé mentale pour autochtones ? 2) Devrait-t-on offrir plus de services spécifique pour les autochtones en milieu urbain? 3) Comment devrait-on prendre en compte le traumatisme historique des pensionnats dans la façon dont on met en place les services de santé mentale? La communication se terminera par un rapide survol des solutions prometteuses mises en place.

Résumé du colloque

La prévalence des problèmes de santé mentale est une préoccupation majeure des sociétés contemporaines occidentales. Si les débats font rage pour comprendre les raisons de cette croissance que certains ont même qualifiée d’épidémie, il n’en demeure pas moins que l’accès aux services de santé mentale afin de prendre en charge la souffrance liée à ce trouble n’est pas toujours aisé. Plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences d’accès aux services de santé mentale et physique : les barrières socioéconomiques (Browen, 2001), le fait de vivre dans des régions éloignées (Browen, 2001), les croyances et pratiques culturelles (Shiao, Andrews et Helmreich, 2005) ainsi que l’alphabétisation (la littératie) médicale (Clerc, Colette et Clamageran, 2009). Dans ce contexte, appartenir à une minorité − qu’elle soit linguistique, ethnique ou religieuse − semble avoir une influence sur la santé mentale, mais aussi sur l’accès aux services spécialisés. Si, pour Bouchard (2009), « le rapport minoritaire-majoritaire semble traduire une inégalité sociale et d’accès aux ressources qui, traversée par les autres déterminants sociaux de la santé (statut socioéconomique, éducation et littératie, immigration) contribue de facto aux disparités de santé », d’autres études montrent qu’une forte identification « in-group » caractérisée par un sentiment de fierté présente une puissante capacité protectrice contre les symptômes dépressifs (Bombay et al., 2010, Picard et Allaire, 2005). Le présent colloque se propose d’offrir un espace de discussion sur la dynamique du rapport minorité / majorité en ce qui a trait à la santé mentale. En effet, si les études montrent que le fait d’appartenir à une minorité peut à la fois être protecteur mais aussi aggravant en ce qui a trait à la santé mentale (Hassan, Rousseau et Moreau, 2013), nous nous devons de mieux comprendre les liens complexes entre appartenance à une minorité et santé mentale afin de mieux adapter nos services de santé et sociaux.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Lilian Negura
section icon Date : 14 mai 2014

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