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Nizar Ghazzawi : Université de Montréal
Dans le contexte de notre analyse du vocabulaire technique du domaine de la technologie informatique, nous entendons nous concentrer sur les verbes arabes de ce domaine. Notre objectif est d'analyser ces unités afin de montrer leurs propriétés linguistiques et la façon dont elles véhiculent les connaissances spécialisées. Notre cadre théorique pour cette analyse est la Sémantique des cadres de Fillmore (1976). L'originalité de ce genre de travail est sa nouveauté pour un domaine tel que l'informatique, surtout pour la langue arabe. Notre méthodologie de travail consiste à monter un corpus de langue arabe portant sur la technologie informatique. À partir de ce corpus, nous procédons à l'extraction des candidats termes à l'aide d'un extracteur automatique, TermoStat (Drouin 2003). Après une étape de validation des candidats termes en fonction des critères de validation terminologique de L'Homme (2004), nous annotons les contextes que nous prélevons pour chaque unité lexicale choisie. Cette méthodologie nous permet de dégager les aspects syntaxico-sémantiques de nos verbes. À la suite de ces étapes, nous parviendrons à un regroupement de ces unités selon les aspects qu'elles partagent entre elles, ce qui détermine leur appartenance à un cadre (frame) donné. Notre choix de cadres se base sur les cadres déjà proposés par le projet de FrameNet (Ruppenhofer 2010). Dans notre travail, nous présenterons des résultats préliminaires et nous nous basons sur l'analyse de trente verbes.
Le lexique d’une langue n’est pas vu comme un objet monolithique. Son étude passe par l’identification de caractéristiques particulières non seulement de mots isolés, mais aussi de regroupements de mots qu’on pourrait appeler des ensembles lexicaux. On peut les définir de différentes manières, pas mutuellement exclusives : par thématique (ex. le lexique de l’environnement), par niveau d’apprentissage (ex. « Basic English »), par caractéristiques sémantiques (ex. événements, prédicats, objets, etc.), par contexte d’utilisation (ex. terminologie spécialisée par rapport à langue générale). Selon l’optique retenue, les méthodes d’identification, de caractérisation, d’enseignement et de description ne sont pas les mêmes.
Il devient intéressant de comparer les différentes approches afin de voir dans quelles mesures elles peuvent s’alimenter et s’enrichir mutuellement. Le travail en vase clos des chercheurs s’intéressant à la thématique peut conduire à des recherches en parallèle qui ne sont que trop rarement mises en commun dans un cadre d’échange multidisciplinaire. Une considération moins monolithique du lexique ne pourra que conduire à des descriptions plus flexibles et complémentaires.
Le colloque permettra :
1) de réunir des chercheurs intéressés par cette la thématique du lexique à vocation particulière afin qu’ils puissent échanger sur leur cadre théorique, leur méthode et leur utilisation des divers sous-ensembles lexicaux;
2) d’explorer les bases théoriques de classes de vocabulaire ou de sous-ensemble lexicaux ou terminologiques;
3) de caractériser des ensembles lexicaux; et
4) de réunir des chercheurs provenant de pays différents.
Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la didactique, de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, des sciences de l’information et des divers domaines spécialisés contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.