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Isabelle Prévost : Espace carrière
Dans le cadre de l'entente du service d'aide en emploi pour personnes immigrantes, Emploi Québec et l'organisme Espace Carrière ont décidé d'implanter un programme de mentorat visant à jumeler des professionnels et des nouveaux arrivants issus du même domaine. Après une première année de mise en oeuvre du programme de mentorat, la conférencière est en mesure de nous fournir une première analyse des résultats de l'évaluation du programme de Mentorat. Elle abordera les mythes et les limites d'un programme de mentorat. Elle clôturera en nous proposant des possibilités de recadrage.
Depuis les années 1980, le mentorat comme mode d’accompagnement spécifique gagne en popularité. Des programmes de mentorat sont mis en place dans diverses organisations en vue de faire face à de multiples enjeux : attraction, rétention, départ à la retraite, rupture du lien intergénérationnel, insertion et intégration professionnelle, gestion du savoir, etc. (Cuerrier et al., 2003; Lafranchise, 2012). Or, lorsqu’on les examine de plus près, ces programmes n’offrent pas toujours un accompagnement aux attributs spécifiques du mentorat. La confusion entre le mentorat et d’autres modes d’accompagnement, en particulier le coaching, peut engendrer de l’insatisfaction dans les pratiques mentorales (Cuerrier et al., 2003). Dans la littérature scientifique, les conceptions et définitions du mentorat se multiplient. Mentorat traditionnel, mentorat réciproque ou mutuel, mentorat relationnel, mentorat inversé, réseau mentoral... Il devient ardu de bien cerner les contours et les limites du mentorat, ce qui constitue un problème conceptuel, mais aussi pratique pour les organisations qui souhaitent mettre en place un programme de mentorat ainsi que pour les personnes qui y participent. D’autres problèmes concernent les limites du mentorat, comme les conditions personnelles, relationnelles et organisationnelles nécessaires pour établir et maintenir une relation mentorale de qualité (Eby, 2007; Fletcher et Ragins, 2007). Un autre problème réside dans les limites inhérentes aux méthodologies utilisées pour évaluer les retombées du mentorat chez les mentors, les mentorés et pour les organisations (Dougherty et Dreher, 2007). En outre, il serait important de se questionner sur les compétences des mentors et les limites de la formation. Quels sont les contours et limites du mentorat? Quels sont les écueils relationnels possibles du mentorat? Quelles sont les limites des retombées du mentorat? Ce colloque pose un regard critique sur ce mode d’accompagnement qui peut être perçu par plusieurs personnes comme une panacée.
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