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Véronique Brochu : Comité de bassin de la rivière Chaudière
À l'automne 2006, la crue des eaux s'est produite dans l'espace de quelques heures le long de la rivière Chaudière, ne laissant à peu près pas de temps aux instances municipales pour réagir et avertir la population. À la lumière de cet événement, il s'est avéré que bien qu'il n'était pas possible d'éviter l'inondation, l'importance des dommages aurait pu être diminuée, si un système d'alerte et de communication efficient reliant les municipalités riveraines avait été en place.
Accessible au grand public par Internet, le Système de surveillance de la Chaudière (SSRC) permet de connaître le niveau ou le débit de la rivière à des endroits stratégiques et d'observer le comportement de cette dernière à l'aide de caméras. Le Système possède également un accès réservé pour les personnes responsables des mesures d'urgence au sein de diverses organisations et municipalités.
Cette section privée affiche les communications pertinentes pour orchestrer les actions des intervenants et faciliter le transfert d'information de façon automatisée par l'envoi de messages d'alerte. Le Système est directement relié au Centre d'opération gouvernementale du Ministère de la Sécurité publique. Le SSRC permet, entre autres d'obtenir des données en temps réel; de dépersonnaliser et automatiser le système de communication et d'améliorer le temps de réaction. Il est le fruit d'un travail de concertation entre les municipalités, l'organisme de bassin versant, les ministères et entreprises privées.
Réduction des risques naturels, quel bilan pour le Québec?
Les risques naturels ont un coût économique et humain sans cesse croissant. L’Organisation météorologique mondiale s’est fixé comme objectif de réduire de moitié, à l’horizon 2019, la mortalité moyenne causée par les risques naturels d’origine météorologique, hydrologique et climatique par rapport à la moyenne de dix ans, en prenant comme référence la période 1994-2013.
Au Québec, si le nombre de victimes à déplorer est certes substantiellement moins élevé que dans d’autres régions du globe, il n’en reste pas moins que les efforts de prévention devraient prendre en compte cet objectif. Rappelons-nous le Saguenay en juillet 1996!
C’est également du point de vue des pertes économiques que des efforts supplémentaires devraient être réalisés. L’OMM établit un constat fort intéressant en chiffrant le coût des opérations de rétablissement après un sinistre par rapport à celui d’une meilleure préparation pour un même événement. Ainsi, elle estime que « chaque dollar investi dans la préparation aux catastrophes naturelles permet d’économiser les sept dollars qu’il aurait fallu dépenser pour remédier aux pertes économiques occasionnées ». C’est bien la première fois qu’une telle comparaison est mise de l’avant.
Le Plan national sur la sécurité civile au Québec (PNSC), issu de la Loi sur la sécurité civile publiée en 2001, est continuellement mis à jour à la lumière des événements qui se sont produits, mais aussi des expériences en matière de gestion de risques. Une nouvelle mouture de la Loi sur la sécurité civile s’impose-t-elle pour tenir compte d’objectifs nouveaux et d’une réalité changeante? Dans ce contexte, la pertinence des recherches sur les risques et sur leur gestion dans une optique de réduction des impacts apparaît d’autant plus grande, et ceci autant à la lueur des expériences et expertises québécoises que de celles provenant de l’international.
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