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L'éducation à la citoyenneté démocratique aux prises avec un enseignement de l'histoire conservatrice au Québec

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David Lefrançois : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Les cours québécois du domaine de l'« univers social » (géographie, histoire et éducation à la citoyenne) font régulièrement l'objet de contestations ciblées dans certains médias de masse, bien que des voix discordantes se soient levées. De façon très prépondérante, ces remises en question ont surtout porté sur l'enseignement de l'histoire nationale au secondaire. En replaçant, dans leur contexte historique et scolaire, les programmes d'histoire adoptés au Québec depuis la création du ministère de l'Éducation du Québec, il y a cinquante ans, cet exposé défendra trois thèses. Nous soutiendrons d'abord que l'enseignement de l'histoire est axé depuis longtemps sur la formation à la citoyenneté, et non pas seulement depuis la réforme de 2007 malgré les assertions de ses contempteurs. Nous montrerons ensuite que le type de reproduction sociale à l'œuvre dans le programme actuel, comme celui de son prédécesseur, s'accorde avec le nationalisme civique québécois, conduisant les élèves à s'identifier à un territoire, aux institutions publiques provinciales et aux valeurs démocratiques qu'elles sont réputées incarner, un type de reproduction sociale que, par ailleurs, nous récusons comme nous en repoussons d'autres. Nous expliquerons enfin que le cours d'histoire nationale ne promeut pas de nouvelles méthodes d'enseignement : les méthodes dites actives sont connues et pratiquées depuis longtemps en histoire au Québec comme ailleurs, bien que peu ou mal utilisées.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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