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Marc-Olivier Goulet-Lanthier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les médias socionumériques apportent une multitude de nouveaux outils et de nouvelles techniques permettant aux organisations de mieux atteindre leurs publics cibles (Broustau et Côté, 2013). Il appert clairement que la croissance d'utilisation des technologies de l'information ainsi que des nouveaux types d'outils communicationnels socionumériques permettent un « renforcement des relations publiques généralisées » (Miège, 2007). Le principal avantage réside dans le fait que les médias socionumériques sont susceptibles de permettre la mise en place d'une communication bidirectionnelle symétrique (Yates et Arbour, 2013), au sens qu'en donnent Grunig et al. (2002). Cette potentielle propriété des médias sociaux favoriserait un dialogue entre les différents acteurs de la communication, ce qui pourrait mener à une meilleure compréhension mutuelle, facilitant par conséquent le travail des relations publiques d'aujourd'hui. En travaillant sur la campagne de relations publiques #MTLmoments 2013 lors de mon mémoire de maîtrise, en collaboration avec l'organisation Tourisme Montréal, j'ai pu appréhender l'implication nécessaire ou non nécessaire des journalistes au sein d'une campagne, via la notion de « metacoverage », les occasions favorisées ou non favorisées de coopération ou d'interdépendance entre les parties, en plus de discuter du positionnement adopté par les communicateurs, dans le cadre de mon étude, à l'égard du rôle collaboratif des publics auxquels ils s'adressent.
Objectifs spécifiques du colloque
Ce colloque veut réunir des chercheurs s’intéressant aux dynamiques entre les acteurs de la communication et de l’information. En cohérence avec ce que nous croyons être une nouvelle réalité vécue sur le terrain, un des objectifs est de valider si les approches oppositionnelles d’amour/haine ou axées sur l’interdépendance restent pertinentes ou si d’autres perspectives pourraient être envisagées.
Parmi les questions que nous souhaitons explorer, soulignons :
1) Les transformations de ces professions modifient-elles leurs interactions?L’augmentation des journalistes indépendants sur le Web modifie-t-elle le travail des relationnistes? Les exigences de production d’heure en heure des journalistes les rendent-ils plus dépendants des relationnistes? L’exigence de transparence que formule la société civile à l’endroit de la classe politique modifie-t-elle ses stratégies communicationnelles? Quels rôles jouent les considérations éthiques (l’authenticité, la responsabilité sociale, le dévoilement des sources, etc.) au sein des relations entre les acteurs?
2) Ces transformations créent-elles de nouveaux rapports de forces?
Comment l’infériorité numérique des journalistes face aux relationnistes influence-t-elle leurs relations? Les journalistes deviennent-ils le relais d’intérêts privés, plutôt que les serviteurs de l’intérêt public? Les zones de concurrence pour l’accès à l’espace public et son occupation sont-elles déplacées, multipliées? Quels sont les rapports de force dans les processus décisionnels de publication de l’information?
3) Quels sont les impacts des médias sociaux sur les acteurs de ces professions et leurs interactions?
Considérant que les organisations peuvent communiquer directement avec leurs publics via les médias sociaux, les relationnistes ont-ils toujours besoin des journalistes? Les campagnes électorales 2.0 modifient-elles les relations entre les médias et la classe politique? Grâce aux médias sociaux, les occasions de coopération et les interdépendances sont-elles favorisées ou remises en question? Comment les communicateurs se positionnent-ils face au rôle collaboratif ou participatif des publics?
4) Ces professions sont-elles toujours aussi distinctes?
Transparence, intérêt public, droit à l’information, communication bidirectionnelle, vérité, etc. : comment les professionnels s’approprient, perçoivent et revendiquent ces notions? Sur quels critères ces professions se différencient-elles au sein de leurs associations professionnelles, de leurs syndicats? De quelles balises déontologiques se dotent-elles pour circonscrire leurs frontières éthiques? Quelle mission caractéristique se donnent-elles? La transmission intergénérationnelle des identités professionnelles est-elle ou devrait-elle être reconsidérée?