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Les expériences des nouveaux arrivants haïtiens au Québec depuis le séisme de janvier 2010 : entre « ici » et « là-bas »

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Patrick Cloos : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le Québec aurait accueilli depuis le séisme ayant frappé Haïti le 12 janvier 2010 plus de 8 000 ressortissants haïtiens (MICC, 2012) venant s'ajouter à une ‘communauté haïtienne du Québec' aujourd'hui estimée à environ 100 000 personnes (Statistique Canada, 2007). Nous avons eu récemment l'opportunité de mener une étude qualitative exploratoire portant sur les expériences de ressortissants haïtiens ayant vécu le séisme et ayant été parrainés au Québec. À l'hiver 2012, neuf entrevues ont été réalisées auprès de nouveaux-arrivants avec la collaboration de la Maison d'Haïti et d'autres centres communautaires du Nord de Montréal où réside une grande partie de la communauté haïtienne. L'objectif de cette présentation est de discuter les résultats préliminaires de cette petite étude exploratoire en tentant plus particulièrement de dégager le sens que ces personnes donnent à leurs relations non seulement avec la famille et la ‘communauté haïtienne du Québec', mais aussi avec Haïti. L'importance de la famille comme rouage essentiel de la migration haïtienne a déjà été soulignée dans la littérature. Cette institution, souvent qualifiée de transnationale, jouerait un rôle majeur dans la prise de décision et de soutien à la migration et à l'insertion. Par ailleurs, selon certains auteurs, dont Mooney (2013), l'incorporation des Haïtiens au Québec semble s'être détériorée depuis le début des années 1990' suite aux transformations du contexte de réception de la société d'accueil.

Résumé du colloque

La globalisation encourage des mobilités de toutes sortes : non seulement la migration proprement dite, mais aussi les mobilités étudiantes, professionnelles ainsi que les mobilités virtuelles rendues possibles par les réseaux transnationaux de communication. Ces nouvelles configurations de la mobilité amènent de nouvelles formes d’inclusion et d’exclusion qui nous invitent à repenser l’intervention interculturelle. Traditionnellement, l’intervention interculturelle s’intéresse aux personnes migrantes et à leur insertion dans l’espace local du pays d’accueil. Toutefois, les personnes mobiles vivent de plus en plus dans des espaces où se croisent l’international et le local : elles voyagent, communiquent à distance, montrent une diversification de référents identitaires et mobilisent des sources de soutien transnationales. Ce métissage d’appartenances locales et internationales nous invite à nous interroger davantage sur les liens à construire entre espaces locaux et internationaux d’insertion dans l’intervention. Sur le plan théorique, comment conceptualiser les liens entre les mobilités, l’insertion internationale et locale, et quelles en sont les implications pour l’intervention interculturelle? Quel est l’impact réel de ce croisement pour le vécu quotidien des personnes mobiles? Sur le plan des pratiques, comment se manifeste le croisement local-international dans les interventions visant les personnes mobiles? Quels en sont les défis et les ajustements nécessaires pour la pratique? Faut-il penser autrement l’intervention interculturelle en termes de nouveaux outils ou modèles? Ces questions forment l’architecture de base de notre proposition de colloque. Cette journée s’articulera autour de trois volets : 1) questionnements conceptuels autour des dimensions locales et internationales de l’intervention interculturelle; 2) le croisement international-local dans les expériences de vie de personnes mobiles; et 3) échos du terrain : mobilités et pratiques d’intervention.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
manager icon Responsables :
Lalai MANJIKIAN
section icon Date : 14 mai 2014

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