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Francis Chateauraynaud : EHESS - École des hautes études en sciences sociales
L'expression de « rébellion des milieux » a été développée pour rapprocher des modes de contestation, qui font valoir une manière d'habiter, d'investir, de coproduire un monde que l'on refuse de voir inféodé à un espace de calcul centralisé. Il arrive que des acteurs émergents parviennent à modifier radicalement les enjeux. C'est à ce titre que leur surgissement effraie les communautés d'experts institués, puisque dans leur logique d'enquête ces nouveaux publics peuvent aller jusqu'à contester les modalités de construction des données, voir les méthodes d'analyse ou d'interprétation. Mais au-delà de la contestation des cadres et des paramètres de l'expertise, c'est bien souvent, à l'image du conflit entre modèles agricoles autour des OGM, une opposition des visions du monde qui sert de moteur à la rébellion de milieux, qui n'entendent pas se laisser enfermer dans le rôle d'un « public ». Il convient de réinstaller les visions dans les expériences du monde sensible, animé par toutes sortes d'affects, de percepts, de lignes de forces et de faiblesses, de plis et de repères pour reprendre le langage de la sociologie de la perception. La rébellion des milieux prend forme dans les échanges sensibles, dont la manifestation est longtemps silencieuse, déployée de signe en signe, au ras des corps et des objets, au contact direct des choses, ce qui explique l'effet de surprise que produit le surgissement ou la levée du milieu pour ceux qui l'appréhendent à distance.
Ce colloque vise à analyser et à comprendre les différentes méthodes servant à apprécier ou évaluer l’acceptabilité sociale des projets miniers, une notion qui est au cœur des préoccupations de l’industrie minière et des communautés situées à proximité de ces projets. Même si on parle beaucoup de l’acceptabilité sociale, les meilleures manières de l’évaluer restent à déterminer.
Pendant la première partie de la journée, différents intervenants présenteront les méthodologies qu’ils ont développées ou utilisées pour jauger l’acceptabilité sociale de projets miniers donnés.
Puisque l’acceptabilité sociale est un enjeu pour plusieurs types de projets, il sera ensuite question de la manière dont elle est prise en compte dans d’autres domaines.
Par la suite, nous examinerons quelques exemples du domaine minier lorsque ces projets sont implantés dans d’autres parties du monde. Comment l’acceptabilité et l’inacceptabilité se construisent et se manifestent-elles? Quelles sont les différences et les similitudes qui ressortent de ces comparaisons?
La dernière partie de la journée sera consacrée à différentes perspectives théoriques qui mettront en lumière des enjeux sous-jacents à la notion d’acceptabilité sociale.
En examinant l’évaluation de l’acceptabilité sociale et en effectuant des comparaisons entre des situations apparemment très différentes, nous espérons approfondir lors de ce colloque la compréhension théorique de la notion d’acceptabilité sociale et ses applications, particulièrement dans le contexte des projets miniers.
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