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Isabelle Isabelle Riendeau : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis les années 1990, on constate une présence accrue d'œuvres qui s'appuient sur les relations humaines et qui intègrent le visiteur dans processus créateur (Bourriaud). Ces œuvres processuelles, qui délaissent l'objet au profit d'une relation avec le visiteur (Bishop, Kester), partagent des enjeux avec la médiation culturelle, à tel point que les frontières entre ces disciplines se font ténues, voire poreuses.
Certains théoriciens l'ont constaté ; d'autres l'ont critiqué (Lamoureux, Veillette, Trémeau, Bishop). Si des artistes s'opposent à ce maillage, d'autres explorent ces liens entre l'art et la médiation dans leurs œuvres. Les pratiques relationnelles permettraient-elles de poursuivre la réflexion sur l'art contemporain et la médiation, voire de transformer ces disciplines autrefois considérées comme inconciliables ?
En faisant de la rencontre un enjeu majeur, l'œuvre relationnelle bouleverserait le rôle de l'artiste, du visiteur et du médiateur, de même que les stratégies de médiation au musée. Ces croisements disciplinaires et le recours à la médiation par des artistes nous permettraient-ils de repenser la diffusion et la réception des œuvres et d'envisager autrement la médiation muséale (Bal, Pfenninger, Ceva) ?
Cette communication nous permettra de répondre à ces questions et de développer cette hypothèse en regard d'une exposition rétrospective de Rirkrit Tiravanija qui met habilement à profit cette relation entre l'art et la médiation.
Entre-deux, lien, transmission, mise en partage – la médiation culturelle se présente comme une philosophie d’action cherchant à renouveler les relations entre art, culture et société. Mise sur pied par le Groupe de recherche sur la médiation culturelle, en partenariat avec le Centre interuniversitaire d’études sur les arts, les lettres et les traditions (CELAT), la Ville de Montréal et Culture pour tous, ce colloque interdisciplinaire propose de questionner les enjeux théoriques et pratiques de la médiation culturelle à partir de la notion de territoire.
Territoires géographiques. Dans les années 1970, les paradigmes du développement culturel et de l’aménagement du territoire ont propulsé la conception de la culture comme levier de développement territorial. Qu’en est-il aujourd’hui ? La médiation culturelle a-t-elle un rôle à jouer dans le développement culturel aux échelles locales, nationales et internationales ? S’articule-t-elle aux nouveaux paradigmes de l’Agenda 21 de la culture et des droits culturels promus par l’UNESCO ?
Territoires professionnels. Les zones d’intervention et les registres de pratiques de la médiation culturelle se superposent fréquemment avec ceux de l’animation socioculturelle, de l’éducation et des arts interdisciplinaires. L’ambition de transcender les frontières peut être perçue comme une innovation de la médiation culturelle ou comme un empiètement malvenu. Quels sont les points de contact, les interfaces et les frontières entre les territoires de la médiation culturelle et ceux des autres pratiques professionnelles?
Territoires critiques. La notion de territoire suscite une interrogation sur les limites théoriques de la médiation culturelle. Conceptualisation inachevée, simple levier de promotion de la fréquentation, instrumentalisation de l’art au service d’une « réparation » du social, outil d’intégration dans le moule culturel dominant, faible prise en compte des enjeux de l’éducation populaire, déconflictualisation des rapports sociaux – les angles d’attaque sont multiples. Quelles sont les utopies et idéologies qui sous-tendent la médiation culturelle et ses critiques? Ces limites peuvent-elles être dépassées pour repenser le lien entre culture, art et politique?
Ce colloque vise, d’une part à faire le point sur les expériences les plus innovantes de médiation culturelle, et d’autre part, à cerner les enjeux qu’elles suscitent. Il se tiendra les 14 et 15 mai 2014 à l’Acfas et sera précédé d’une journée d’échanges et de partage avec le milieu culturel et artistique québécois le 13 mai à la Société des arts technologiques (SAT) à Montréal.
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