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Breithaupt Sandrine : Haute école pédagogique du canton de Vaud
La Haute Ecole Pédagogie vaudoise (HEPVd) organise les contenus de la formation des enseignants de manière différente des conditions réelles de la pratique professionnelle ce qui engendre des effets sur l'apprentissage de la profession (Vanhulle, 2009).
En tant que formatrice à la HEPVd, nous sommes amenée à évaluer les étudiants durant leurs stages. Les pratiques liées à cette évaluation semblent relativement hétérogènes. Ainsi, il n'est pas rare qu'elles diffèrent entre formateurs qui se positionnent dans des logiques d'accompagnement ou de contrôle (Vial, 2013). Dans la perspective historico-culturelle que nous adopterons, nous considérons l'évaluation comme un processus dynamique et médiateur de la construction des savoirs - savoirs largement catégorisés par la recherche (Barbier, 1996; Bourdoncle, 1993; Hofstetter & Schneuwly, 2009; Tardif & Lessard, 1999; Van der Maren, 1993). En lien, les savoirs en formation sont eux aussi en évolution et leurs statuts sont à clarifier.
Partant de l'hypothèse qu'au travers des usages, nous renseignons les référents et les logiques, la question que nous traiterons dans cette communication est celle de la nature (Clerc, 2013) et des usages des savoirs de référence convoqués par les évaluateurs dans le cadre des visites de stage. Pour y répondre, nous procèderons à une analyse de discours et de contenus d'une vingtaine de rapports écrits à l'intention des étudiants par les formateurs.
Le formateur d’enseignant, dans sa mission de former à, d’amener l’étudiant en stage à entrer dans la profession avec un certain niveau de maîtrise des compétences, est tantôt guide, tantôt accompagnant, voire parfois aide (Vial, 2013). Le formateur se trouve ainsi habiter différentes postures, recourir à divers gestes professionnels qui a priori peuvent sembler, pour certains d’entres-eux, en tension avec son rôle d’évaluateur.
En effet, l’évaluation – au sens d’évaluation formative, certificative et diagnostique – remplit plusieurs fonctions, notamment celle de contrôle (Paquay, 2002), dont la logique diffère largement de celle de l’accompagnement (Vial, 2013).
Ce symposium aborde le lien formateur-évaluateur et la tension proposée entre accompagnement et contrôle dans le cas spécifique de la formation initiale et continue des enseignants dans les contextes québécois, sénégalais et suisses en suivant trois axes différents.
Le premier aborde l’évaluation de la pratique sous l’angle de la division du travail et des responsabilités entre formateurs de terrain et formateurs universitaires dans des contextes québecois et suisses.
Le deuxième aborde la question sous l’angle du développement de moyens visant à soutenir l’accompagnement ou l’évaluation des pratiques enseignantes.
Le troisième traite des difficultés rencontrées, dans l’exercice de leur fonction, par les formateurs en charge à la fois de l’accompagnement et de l’évaluation des pratiques des étudiants, tant dans des contextes canadiens que suisses.
Les différentes contributions se répondent et approchent dans une démarche dialogique la complexité des questions soulevées. Ces différents regards seront confrontés lors des ateliers-débats destinés à la discussion collective des différentes communications.