Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Zhichao Jia : Université de Montréal
Les collocations spécialisées ou combinaisons lexicales spécialisées (L'Homme 1998) soulèvent des défis importants pour le traitement automatique des langues, la didactique des langues et la traduction spécialisée. Ces dernières années, de plus en plus de ressources lexicographiques et terminologiques intègrent les collocations à leur macrostructure ou à leur microstructure. Toutefois, l'utilisateur doit souvent parcourir de nombreuses lignes pour trouver les collocations voulues. Dans un travail antérieur (Jia et L'Homme, à paraître), un modèle onomasiologique composé de deux classes sémantiques : générique et intermédiaire, a été proposé pour classer les combinaisons à base nominale dans un dictionnaire d'informatique intitulé DiCoInfo. Qu'est-ce que ce modèle onomasiologique? Ce modèle s'adapte-t-il aux autres domaines de spécialité, par exemple l'environnement? Est-ce que, dans le domaine de l'environnement, les mots clés, les collocatifs ou leurs combinaisons présentent des particularités syntaxiques ou sémantiques propres à ce domaine qui rendront notre modèle invalide? Si la réponse est positive, comment adapter notre modèle? Dans notre présentation, nous essayerons d'abord de répondre à ces questions. Notre méthodologie est basée sur l'analyse de corpus. À la fin nous montrerons comment utiliser les fonctions lexicales (Mel'cuk et al. 1995) pour classer systématiquement des combinaisons à base nominale dans un dictionnaire de l'environnement en ligne, le DiCoEnviro.
Le lexique d’une langue n’est pas vu comme un objet monolithique. Son étude passe par l’identification de caractéristiques particulières non seulement de mots isolés, mais aussi de regroupements de mots qu’on pourrait appeler des ensembles lexicaux. On peut les définir de différentes manières, pas mutuellement exclusives : par thématique (ex. le lexique de l’environnement), par niveau d’apprentissage (ex. « Basic English »), par caractéristiques sémantiques (ex. événements, prédicats, objets, etc.), par contexte d’utilisation (ex. terminologie spécialisée par rapport à langue générale). Selon l’optique retenue, les méthodes d’identification, de caractérisation, d’enseignement et de description ne sont pas les mêmes.
Il devient intéressant de comparer les différentes approches afin de voir dans quelles mesures elles peuvent s’alimenter et s’enrichir mutuellement. Le travail en vase clos des chercheurs s’intéressant à la thématique peut conduire à des recherches en parallèle qui ne sont que trop rarement mises en commun dans un cadre d’échange multidisciplinaire. Une considération moins monolithique du lexique ne pourra que conduire à des descriptions plus flexibles et complémentaires.
Le colloque permettra :
1) de réunir des chercheurs intéressés par cette la thématique du lexique à vocation particulière afin qu’ils puissent échanger sur leur cadre théorique, leur méthode et leur utilisation des divers sous-ensembles lexicaux;
2) d’explorer les bases théoriques de classes de vocabulaire ou de sous-ensemble lexicaux ou terminologiques;
3) de caractériser des ensembles lexicaux; et
4) de réunir des chercheurs provenant de pays différents.
Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la didactique, de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, des sciences de l’information et des divers domaines spécialisés contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.
Thème du colloque :