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Ducakis DÉSINAT : Université d'Ottawa
Il s'agira de cartographier les grandes lignes de la pensée du philosophe allemand Peter Sloterdijk. D'abord situer les coordonnées possibles de l'espace qu'occupe la pensée de ce penseur dans la philosophie actuelle. Ensuite, explorer le terrain ou se déploie sa pensé. Des territoires aussi vastes que l'histoire des idées, la biologie, l'anthropologie, l'art et l'architecture. Pour ce faire, je puiserai dans sa trilogie sphérique pour un voyage en trois moments qui partira de Bulles pour se rendre à Écumes, En passant par Globe. Il s'agira d'effectuer ses transferts sphériques pour relater de manière iconographique trois grands moments de l'édification de l'habitat humain, passant des hordes primitives, jusqu'à l'urbanisme «globalisée» de nos sociétés actuelles. Pour finir, on va faire l'état des lieux actuels. En posant une réflexion sur la cohabitation planétaire et les risques climatiques pour l'avenir immunologique de l'humain.
L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.
Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.
Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.