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Nicolas Vidoni : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Au XVIIIe siècle, la police, spécialement à Paris avec la Lieutenance générale, s'est intéressée très fortement à l'espace urbain et aux corps humains qui vivaient dans ce « milieu », afin de procurer sûreté et propreté à la ville et au peuple. Ce changement de regard s'opéra grâce au concours des médecins. Mais quelle fut la teneur de la relation médecins-policiers, tant intellectuelle qu'institutionnelle et pratique ? Les agents de police ont eu besoin de nouveaux outils intellectuels pour déchiffrer la ville et l'appréhender d'un point de vue matériel. Cette démarche rationnelle s'est appuyée sur un savoir dit scientifique reconnu et institutionnalisé (Faculté et Académie de médecine). Les médecins ont recouru à l'institution policière pour légitimer de nouvelles formes de savoir qui débouchaient sur une « capacité à agir ». Cette interrelation a reposé sur des réseaux de médecins, liés à des administrateurs et au « politique », qui ont infléchi les savoirs médicaux et les pratiques de gouvernement. On le saisit par l'étude des aspects policiers dans les grandes publications médicales (Tissot, Le Bègue de Presle, Jaquin) ; par les écrits des médecins pour les « magistrats » policiers (topographies médicales de l'Académie de médecine) ; et par le travail de terrain policiers-médecins (expertises dans la ville pour des fours à pain, pour les cimetières) et par la canalisation des savoirs médicaux par les policiers grâce aux concours académiques (pour les questions d'hygiène ...).
Ce colloque se propose d’interroger l’importance des réseaux dans l’histoire de la santé moderne et contemporaine. Autour des notions de transfert, d’échange, de parcours et d’influence, il entend s’attarder sur les processus de transmission et de déplacements qui ont forgé et transformé les pratiques et les discours relatifs à la santé, afin de mettre en lumière leur nature essentiellement dynamique, collective et réticulaire. Il souhaite en outre valoriser les fonctions méthodologiques et historiographiques de ces notions en questionnant le rôle des échanges transdisciplinaires dans le travail historique propre au domaine de l’histoire de la santé.
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