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Laurie Guimond : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les recherches menées au Québec sur les migrations des villes vers les campagnes illustrent qu'il n'y a pas de modèle unique de ce phénomène et que les interprétations qu'on en fait doivent être modulées selon les contextes locaux et régionaux particuliers. Ces dernières ont surtout été réalisées dans le Québec rural dit «de base» de sorte que ce phénomène dans les régions éloignées des grands centres est encore peu connu. Si l'éloignement est trop souvent présenté comme étant une contrainte au développement des communautés (faible densité; économie fragile; manque de services…), ce contexte géographique peut être convoité pour des raisons familiales, professionnelles, économiques ou en raison du mode de vie et des valeurs s'y rattachant. À partir de ce postulat et s'appuyant sur 26 entrevues qualitatives réalisées en 2012 auprès de migrants ayant choisi de s'établir en Minganie (Côte-Nord), cette communication s'intéressera aux liens entre l'éloignement comme objet géographique et les modes d'habiter de ces individus. Le concept de mode d'habiter permettra d'explorer les rapports des migrants à la ruralité «éloignée» qu'ils ont choisie. Les résultats préliminaires démontrent que les pratiques spatiales et sociales des nouveaux résidents minganois ne peuvent être isolées de leur sens des lieux qui agit fortement sur leur expérience de l'éloignement.
Le Québec compte plus de 1000 collectivités rurales couvrant 90 % du territoire habité, dans lesquelles vit environ le quart de la population québécoise. Plusieurs de ces municipalités se portent bien, tandis que d’autres sont considérées comme dévitalisées. Quoi qu’il en soit, les collectivités rurales ont connu depuis les 20 ou 25 dernières années de nombreuses transformations tant sur le plan social, économique que politique. Elles ont également été le théâtre de multiples expériences novatrices visant à les redynamiser. Il y a un peu plus de 20 ans, en 1991, avaient lieu au Québec les États généraux du monde rural qui lançaient un cri d’alarme quant à la dévitalisation de plusieurs villages ruraux. Dans la foulée était créé l’organisme Solidarité rurale du Québec (qui deviendra instance-conseil du gouvernement en 1997). En 2001, le Gouvernement du Québec adoptait sa première Politique nationale de la ruralité, dont il a annoncé la troisième mouture en décembre 2013.
Prenant comme balise ces États généraux du monde rural de 1991,ce colloque portera à la fois sur l’évolution des territoires ruraux et de la recherche qui se fait sur et avec les communautés rurales depuis cette époque. Il mettra en lumière les défis qui se posent aujourd’hui à la ruralité québécoise et explorera les avenues d’intervention et de recherche pour les relever.
Thème du colloque :