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Pour une approche féministe de la criminalisation du VIH : le consentement en question

KR

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Kira Ribeiro : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Résumé de la communication

Suite à la décision de la Cour Suprême canadienne dans l'affaire R c Cuerrier en 1998, la non-divulgation de sa séropositivité avant toute activité sexuelle comportant un « risque significatif de transmission VIH » peut être considérée comme une fraude, invalidant ainsi le consentement au rapport sexuel. A la suite de cette décision, la non-divulgation du statut sérologique sera traitée dans la plupart des cas par les tribunaux canadiens comme une agression sexuelle ou une agression sexuelle aggravée.

Alors que la criminalisation du VIH est régulièrement présentée comme un moyen de protéger les femmes hétérosexuelles des contaminations et que la Cour Suprême a choisi d'approcher la non-divulgation sous l'angle de l'agression sexuelle, une analyse de cette question à partir des théories politiques féministes paraît incontournable. Si quelques articles s'inscrivent dans cette perspective, ils restent rares.

Il s'agira dans cette communication de partir d'une analyse de la question du consentement dans R c Cuerrier pour réfléchir à la façon dont cette approche du consentement et de l'agression sexuelle rentre en tension avec certaines approches féministes du droit, des violences et des sexualités. Plus précisément, je tenterai de montrer comment la théorie politique féministe (Wendy Brown, Angela Davis, Dean Spade, …) permet de développer une approche critique du consentement et de la criminalisation du VIH.

Résumé du colloque

Les enjeux et les défis actuels de la recherche sur le sida questionnent de plus en plus les rapports entre savoirs et pouvoirs. Ce colloque vise à donner la parole aux jeunes sur le rôle des sciences sociales face à ces nouveaux enjeux et défis.

Plus de trente ans après la découverte du VIH, les observateurs les plus optimistes parlent aujourd’hui des possibilités d’éradication du virus; à moyen terme, la « fin de l’épidémie » apparaît comme un horizon atteignable. La lutte contre le sida est caractérisée par une situation en apparence paradoxale. Les moyens pour enrayer la diffusion du virus existent : les traitements ont fait leurs preuves pour beaucoup de personnes… mais ils restent pourtant inaccessibles pour la majorité des personnes séropositives au Sud. De plus, à l’heure du « traitement comme prévention », les outils prophylactiques n’ont jamais été aussi diversifiés… mais l’épidémie se poursuit, notamment parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Ces constats semblent contredire, du moins tempérer, l’optimisme biomédical.

Derrière ces paradoxes, c’est la réalité d’une épidémie complexe qui transparaît. Le VIH continue de mettre en tension l’équation entre savoir(s) et pouvoir(s), rendue célèbre par « ACT UP-New York », qui n’a rien perdu de son actualité.

Enjeu(x) de savoir(s), car la prévention et les soins mettent en jeu des combinaisons de plus en plus complexes, qui individualisent la gestion du risque et de la santé, et qui interrogent la production et le partage des connaissances entre experts et profanes dans la lutte contre le sida. Enjeu(x) de pouvoir(s), face au désengagement financier des États dans l’accès aux traitements ARV en Afrique dans un contexte de crise économique; ou quand la lutte contre l’épidémie bute contre les réticences des gouvernements à s’adresser aux populations marginalisées et discriminées : toxicomanes, trans, gais, migrants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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