Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Aline Francoeur : Université Laval
Les quotidiens et magazines regorgent de termes émergents dont l'avenir est incertain. Qu'adviendra-t-il des online shaming, squeezed generation, Tebowing, wage slavery, work-life overload et autres « termes tendance », difficilement classables dans un domaine de spécialité précis? Trop généraux pour intégrer les banques de terminologie, pas assez courants ni bien établis pour figurer dans les dictionnaires de langue, ces termes par essence transitoires et circonstanciels, liés aux technologies ou aux modes de vie du moment, à des personnages ou événements singuliers, etc., risquent de devenir des oubliés de la terminologie et de la lexicographie. Entre-temps, ils présentent un défi pour les traducteurs francophones, et cela, malgré l'existence d'équivalents français dans bien des cas. Le défi tient au fait que ces termes et équivalents ne sont consignés nulle part et qu'ils apparaissent généralement dans des sources dont le contenu n'est pas indexé par Google. La recension et la description de ces termes viendrait ainsi combler un vide important. Dans cette optique, nous travaillons à la création d'une base de données qui leur sera consacrée et dont le contenu se distinguera de celui des banques de terminologie, dictionnaires de langue et banques de néologismes. Notre communication vise à présenter ce contenu et à expliquer les décisions qui ont été prises en regard des termes qui seront retenus et des catégories de données qui seront privilégiées pour les décrire.
Le lexique d’une langue n’est pas vu comme un objet monolithique. Son étude passe par l’identification de caractéristiques particulières non seulement de mots isolés, mais aussi de regroupements de mots qu’on pourrait appeler des ensembles lexicaux. On peut les définir de différentes manières, pas mutuellement exclusives : par thématique (ex. le lexique de l’environnement), par niveau d’apprentissage (ex. « Basic English »), par caractéristiques sémantiques (ex. événements, prédicats, objets, etc.), par contexte d’utilisation (ex. terminologie spécialisée par rapport à langue générale). Selon l’optique retenue, les méthodes d’identification, de caractérisation, d’enseignement et de description ne sont pas les mêmes.
Il devient intéressant de comparer les différentes approches afin de voir dans quelles mesures elles peuvent s’alimenter et s’enrichir mutuellement. Le travail en vase clos des chercheurs s’intéressant à la thématique peut conduire à des recherches en parallèle qui ne sont que trop rarement mises en commun dans un cadre d’échange multidisciplinaire. Une considération moins monolithique du lexique ne pourra que conduire à des descriptions plus flexibles et complémentaires.
Le colloque permettra :
1) de réunir des chercheurs intéressés par cette la thématique du lexique à vocation particulière afin qu’ils puissent échanger sur leur cadre théorique, leur méthode et leur utilisation des divers sous-ensembles lexicaux;
2) d’explorer les bases théoriques de classes de vocabulaire ou de sous-ensemble lexicaux ou terminologiques;
3) de caractériser des ensembles lexicaux; et
4) de réunir des chercheurs provenant de pays différents.
Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la didactique, de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, des sciences de l’information et des divers domaines spécialisés contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.