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David Rangdrol : Université d'Ottawa
La littérature sur le sécularisme comparé fait état d'un paradoxe présent dans certains régimes de laïcité où la loi impose une neutralité religieuse à l'État, mais où l'interprétation de ces lois permet néanmoins à l'État d'instrumentaliser la religion pour construire une notion exclusive de la citoyenneté au détriment des minorités (Calhoun, Juergensmeyer et VanAntwerpen. 2012). Ceci témoigne de la difficulté qu'ont les états à négocier les frontières entre la politique, la religion, la culture et l'identité nationale. Cette présentation propose de réfléchir à cette problématique à l'aide du cas du Japon. Nous verrons que si les clauses constitutionnelles garantissant la liberté de religion et la neutralité de l'État adoptées en 1947 sont demeurées intactes, le gouvernement japonais a graduellement réussi à incorporer des éléments de la religion Shinto aux notions de citoyenneté et d'identité nationale, tout en avançant que ces pratiques ne sont pas religieuses. L'étude focalisera sur l'impact de la conception institutionnelle et constitutionnelle du régime de laïcité japonais dans l'émergence de ce paradoxe, notamment sur les choix de formulations linguistiques et sur la présence de concepts ambigus, tels que la « religion ». L'accent sur la conception institutionnelle permettra de nuancer l'idée selon laquelle l'apparition de ce paradoxe est liée à la difficulté de transposer une dichotomie occidentale du séculier et du religieux dans un contexte asiatique.?
Ces dernières années, les questions autour de la place de la religion dans nos sociétés contemporaines ainsi que celles portant sur les relations entre le religieux et la sphère publique prennent de plus en plus d’importance. Ce colloque propose d’examiner certaines de ces questions en favorisant une approche interdisciplinaire et comparative. L’événement regroupera des étudiants à la maîtrise, au doctorat et au postdoctorat provenant de différentes disciplines (p. ex. sciences des religions, science politique, sociologie, droit) travaillant sur les manifestations contemporaines du religieux à travers des études de terrain en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie. Cette perspective comparée et interdisciplinaire se propose d’offrir non seulement un éclairage sur les grandes questions liées aux rapports entre la religion, la société civile et l’État, mais aussi d’identifier des enjeux plus spécifiques à chaque région. Elle permettra également de mettre en perspective les récents débats québécois.
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