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Suivi des patients sous thérapie antirétrovirale au Centre hospitalier universitaire du Point G de Bamako au Mali

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Mamadou Dakouo : Université de Montréal

Résumé de la communication

L'étude vie à déterminer la proportion de patients initiés sous thérapie antirétrovirale (TAR) qui arrêtent de fréquenter le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) du Point G de Bamako après leur initiation sous TAR et investiguer des facteurs associés à cet arrêt. Les données de suivi prospectif de 3042 patients initiés sous TAR au CHU du Point G entre le 19 juillet 2004 et le 31 juillet 2009 ont été analysées selon la méthode de Kaplan Meier et le modèle multivarié de Cox. Sur 3042 patients, 2408 (79.5%) étaient en arrêt de fréquentation du CHU du Point. Les facteurs significativement associés étaient : la distance entre la résidence du patient et le CHU du Point G (référence=Bamako, Hors de Bamako P<0.001), le sexe masculin (P<0.001), la profession (référence=fonctionnaire, sans-emploi P<0.001, ouvrier P<0.001, autre profession P=0.005), les changements de schéma thérapeutique (référence=patient sans changement de schéma thérapeutique, changement suite à la tuberculose P=0.048, changement suite à la rupture des ARV P=0.026), les patients de 50 ans et plus (référence=40-49 ans P=0.021) et l'année de début du TAR (référence=2004, 2005 P=0.001, 2006 P<0.001, 2007 P=0.017, 2008 P=0.388, 2009 P=0.068). L'étude rapporte une proportion élevée de patients qui arrêtent de fréquenter le CHU et nous faisons des suggestions pour améliorer cette situation.

Résumé du colloque

Le médicament participe au déplacement de différentes frontières scientifiques et sociales. Premièrement, la redéfinition de la frontière entre « normal » et « pathologique » a été largement étudiée en sciences sociales. Le concept de médicalisation a permis de révéler cette évolution de la limite entre normal et pathologique en lien avec l’usage du médicament.

Deuxièmement, on peut toutefois envisager également le rôle du médicament dans le déplacement d’autres frontières. Ainsi, la frontière entre le naturel et le culturel s’est aussi redéfinie au cours des dernières décennies, notamment autour du concept de molécularisation. Parmi les technologies biomédicales, comment le médicament contribue-t-il spécifiquement au déplacement de ces frontières?

Troisièmement, la question de l’inclusion sociale sur des critères biologiques a permis de développer le concept de biosocialisation. De nouvelles perspectives relatives à l’émergence de citoyenneté biologique ou thérapeutique ont permis de mieux comprendre l’évolution de la limite entre inclusion et exclusion en mettant au centre l’accès au médicament.

Le concept de pharmaceuticalisation révèle l’importance du médicament dans ces différents processus sociaux. Au-delà des concepts de médicalisation et de biomédicalisation, il permettrait de faire ressortir le rôle central joué par le médicament en permettant concrètement et symboliquement les processus sociaux évoqués.

Le colloque repose ainsi la question du lien entre ces différentes frontières mouvantes sur deux fronts. D’abord, celui des logiques technoscientifiques et leurs promesses, qui permettent la redéfinition des limites du corps, de la santé et du naturel. Ensuite, les usages en aval de ces logiques, qui redéfinissent les frontières concrètement dans le quotidien des différents mondes sociaux pratiqués. À cet effet, les usages élargis du médicament deviennent alors des objets de préoccupation fondamentaux pour comprendre l’articulation entre ces différents processus sociaux.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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