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Sur l'unité de la méthode de Marx

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Kaveh Boveiri : Université de Montréal

Résumé de la communication

Concernant la méthode, Marx est bien connu pour avoir tiré une distinction formelle entre la méthode d'investigation et la méthode d'exposition (Capital, I). Tandis que l'investigation semble être une partie plus analytique, l'exposition est plutôt synthétique. Toutefois, le rôle de chacune d'elles, ainsi que leur relation, demeure le sujet de nombreuses discussions et débats au sein de la littérature marxiste (Mosley, 1993 ; Otto Wolf, 2008). L'objectif de cette présentation sera d'élaborer une clarification de cette distinction chez Marx. Mon exposé propose que la méthode de Marx doive être considérée comme l'unité de la différence de ces deux composants. Pour ce faire, je lie cette distinction entre méthode d'investigation et méthode d'exposition à une autre distinction, celle qui existe entre l'ordre des objets et l'ordre de la raison (Murray, 1988). L'exposition est introduite comme l'horizon de l'investigation, comme le moment où cette dernière se thématise synthétiquement. À travers cette thématisassions, l'investigation perd sa contingence préliminaire et tend vers une certitude, non seulement dans la succession des catégories mais aussi dans l'achèvement de la reconstruction du mouvement et de l'ordre des objets d'étude dans leur totalité. L'exposition a ainsi dévoilé le pseudo-concret que l'investigation a inévitablement confronté (Kosik, 1963).

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 14 mai 2014

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