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Pascal Scallon-Chouinard
Consciente d'assister à un certain délaissement de la fonction d'instituteur dans les colonies françaises, le service de l'Enseignement de l'AOF décide, en 1938 et en 1944, de procéder à une vaste enquête auprès des étudiants et des professionnels africains de l'enseignement. La réaction suscitée par cette initiative laisse entrevoir un réel intérêt de la part des personnes concernées, un désir de prise de parole (et de position) sur les réalités et les enjeux de leur profession . Les résultats obtenus permettent non seulement de cerner une grande partie des conditions de vie et d'exercice de la profession d'instituteur , mais également d'illustrer les stratégies des Pontins, leurs requêtes et leur représentation d'eux-mêmes, de leur fonction et de la place qu'ils croient devoir occuper au sein de la société coloniale. La mise en commun des réponses, quant à elle, permet de dessiner les grandes tendances, les revendications consensuelles ou majoritairement acceptées par des individus partageant des éléments similaires en termes de formation, d'aspirations, de difficultés, de priorités, d'avantages, etc. Les instituteurs parlaient-ils d'une même voix ou, à l'inverse, affichaient-ils une grande diversité dans leurs réponses ? Quant aux réponses d'élèves se destinant à l'enseignement, reflètent-elles les réalités décrites par leurs ainées, et les priorités formulées quant au choix de carrière s'alignent-elles sur la condition vécue et décrite par les enseignants ?
Au lendemain de la chute du mur de Berlin en 1989, le vent de changement qui a marqué les rapports internationaux a eu comme effet la démocratisation et la libéralisation des espaces publics en Afrique. Ce contexte nouveau permet ainsi la résurgence de la prise de parole et de la libre expression de la part des médias, des associations, des intellectuels et de la société civile. L’objectif de ce colloque multidisciplinaire est d’évaluer les enjeux, les modalités et les formes d’expression de la prise de parole, mais aussi du militantisme politique ou social en vue de la défense et de la promotion de certaines causes comme les droits humains, la reconstruction identitaire, l’amélioration des conditions de vie des populations ou encore la lutte en faveur de la démocratie, de la liberté et de l’égalité. La littérature historienne, le roman, les arts, les médias et en particulier Internet deviennent donc quelques-uns des lieux privilégiés d’expression de la prise de conscience et de l’engagement qui sous-tendent la prise de parole.
Le témoignage de Françoise Nozati, ancienne coopérante française en République centrafricaine sur son expérience sera également important. Elle se porte en effet totalement en faux par rapport à la stratégie officielle de la coopération française, en prônant une approche idéaliste et humaine susceptible d’appuyer réellement les projets de développement en Afrique.
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