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Miroslav Nastev : Commission géologique du Canada
Bien que les aléas naturels ont le potentiel de causer d'importantes pertes en termes de vies humaines et ont une incidence économique considérable, les gestionnaires d'urgences au Canada n'ont toujours pas accès à des outils standardisés pour entreprendre de manière adéquate des évaluations rigoureuses des risques associés aux aléas naturels. Les connaissances traditionnelles d'un aléa donné, comme l'intensité et la fréquence pour une région donnée, ne sont pas suffisantes pour prendre des décisions éclairées. Des mesures d'atténuation et d'intervention d'urgence doivent être adaptées en tenant compte des conséquences de l'aléa en question. En collaboration avec Défense Canada et l'École de technologie supérieure, la Commission géologique du Canada a entrepris récemment un projet d'évaluation du risque sismique. À cette fin, la méthodologie Hazus de l'US FEMA a été adaptée pour son utilisation au Canada. En parallèle, un outil d'évaluation des risques sismiques nommé EvaRISK a été développé. La prochaine étape sera d'équiper EvaRISK avec les couches d'information sur l'aléa sismique, le bâti et les autres infrastructures exposées à l'échelle nationale. Une plateforme web interactive sera mise en place qui permettra aux utilisateurs de sélectionner d'une façon visuelle leur zone d'étude et de lancer les simulations pour un des aléas sismiques proposés. Pour une évaluation du risque plus précise, les utilisateurs pourront également modifier les données suggérées.
Réduction des risques naturels, quel bilan pour le Québec?
Les risques naturels ont un coût économique et humain sans cesse croissant. L’Organisation météorologique mondiale s’est fixé comme objectif de réduire de moitié, à l’horizon 2019, la mortalité moyenne causée par les risques naturels d’origine météorologique, hydrologique et climatique par rapport à la moyenne de dix ans, en prenant comme référence la période 1994-2013.
Au Québec, si le nombre de victimes à déplorer est certes substantiellement moins élevé que dans d’autres régions du globe, il n’en reste pas moins que les efforts de prévention devraient prendre en compte cet objectif. Rappelons-nous le Saguenay en juillet 1996!
C’est également du point de vue des pertes économiques que des efforts supplémentaires devraient être réalisés. L’OMM établit un constat fort intéressant en chiffrant le coût des opérations de rétablissement après un sinistre par rapport à celui d’une meilleure préparation pour un même événement. Ainsi, elle estime que « chaque dollar investi dans la préparation aux catastrophes naturelles permet d’économiser les sept dollars qu’il aurait fallu dépenser pour remédier aux pertes économiques occasionnées ». C’est bien la première fois qu’une telle comparaison est mise de l’avant.
Le Plan national sur la sécurité civile au Québec (PNSC), issu de la Loi sur la sécurité civile publiée en 2001, est continuellement mis à jour à la lumière des événements qui se sont produits, mais aussi des expériences en matière de gestion de risques. Une nouvelle mouture de la Loi sur la sécurité civile s’impose-t-elle pour tenir compte d’objectifs nouveaux et d’une réalité changeante? Dans ce contexte, la pertinence des recherches sur les risques et sur leur gestion dans une optique de réduction des impacts apparaît d’autant plus grande, et ceci autant à la lueur des expériences et expertises québécoises que de celles provenant de l’international.
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