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Cette communication vise à présenter une démarche originale et innovante de consultation citoyenne, « A Haute Voix », organisée en 2010 par le Conseil de Développement Durable (C2D), l'assemblée citoyenne de la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB), dont l'objectif était de redonner la parole aux publics considérés comme « sans voix » ou « profanes ». S'inscrivant dans la démarche prospective « Bordeaux métropole 3.0 » lancée par la CUB, « A Haute Voix » est le résultat d'un groupe de travail composé d'une dizaine de membres du C2D qui, accompagnés par un ethnographe, se sont rendus sur le terrain pour collecter les paroles de ceux que l'on entend peu (précaires, enfants, personnes âgées et handicapées) et qui pourtant composent la diversité sociale et citoyenne de l'agglomération bordelaise. Conscients des limites de la démocratie représentative et des effets pervers des dispositifs de participation citoyenne, les membres de ce groupe de travail ont ainsi souhaité se départir de leur costume de « citoyen-expert » afin de solliciter les savoirs d'usages et relayer la parole. A la croisée entre enquête journalistique et ethnographie du proche, ce reportage présente, au travers de 16 interviews, une collection de paroles urbaines et citoyennes, faites de vécu quotidien et d'envies futures, sorte de patchwork sonore où plusieurs voix se font entendre, s'écoutent et se répondent.
Ce 7e colloque organisé en partenariat avec l’Institut du Nouveau Monde (INM) propose d’approfondir la compréhension des tensions entre la participation et la démocratie en explorant trois thèmes de la pensée de Jacques T. Godbout : 1) les effets pervers de la participation en démocratie; 2) les relations entres les professionnels et les usagers; et 3) l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. Ce colloque sera l’occasion de réfléchir à la pertinence de cette analyse pour le Québec en présence de l’auteur.
Il y a un peu plus de 30 ans, Jacques T. Godbout, présentait dans son livre La participation contre la démocratie un regard critique et lucide sur les tensions entre la démocratie représentative et les dispositifs de participation mis en place par les gouvernements pour légitimer leurs actions en instrumentalisant la parole des citoyens.
La démocratie des usagers poursuit cette réflexion et problématise les effets pervers de la participation des citoyens dans le contexte des sociétés libérales contemporaines. Il démontre que la relation expert-usager se substitue au lien politique dans les différents programmes et organismes de l’État. En faisant la promotion de la participation au sein de la relation professionnels-usagers, l’État affaiblit, voire évacue, la possibilité du jeu démocratique.
La participation n’a pas que des effets pervers. Jacques T. Godbout s’est également penché sur l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. La participation permet-elle de développer une société innovante et comment?
Il s’agira, au cours de ce colloque, de réfléchir aux thèmes proposés par Godbout, de les confronter à des cas d’actualité et d’en comprendre la portée 30 ans plus tard...