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Barbara Waldis : HES-SO - Haute école spécialisée de Suisse occidentale
L'analyse de cinq projets de médiation culturelle et d'actions d'art collectives s'est faite à travers les notions de pouvoir symbolique de Bourdieu, de transformation et de participation de Freire. Elle a illustré que des actions critiques, mettant des êtres humains en lien avec d'autres et avec l'environnement, réussissent à changer, pour l'action en cours, les termes du pouvoir symbolique et permettent une participation politique, mais que le réinvestissement de l'espace public demeure un travail constant.
Pour l'animation socioculturelle, deux questions se posent à partir de l'analyse de ces collaborations artistico-sociales: 1) La version institutionnalisée de l'animation socioculturelle n'est-elle pas en train d'administrer l'ordre public, d'utiliser l'art comme instrument de domestication ? 2) À partir de quand parle-t-on de réinvestissement de l'espace public si la plupart des projets fonctionnent selon le principe de « participation assistée »?
Becker constate dans « les mondes de l'art » qu'une telle étude est une analyse de la société. Dans ce sens, il est frappant de constater combien, dans ces projets en Suisse Romande, la participation autonome a du mal à surgir. Mais cela concerne-t-il toutes les actions d'art collectives ou plus particulièrement celles gérées par l'animation socioculturelle ? L'analyse proposée permet de réfléchir à comment la question, politiquement nécessaire, sur le réinvestissement de l'espace public et la participation pourrait être posée.
Entre-deux, lien, transmission, mise en partage – la médiation culturelle se présente comme une philosophie d’action cherchant à renouveler les relations entre art, culture et société. Mise sur pied par le Groupe de recherche sur la médiation culturelle, en partenariat avec le Centre interuniversitaire d’études sur les arts, les lettres et les traditions (CELAT), la Ville de Montréal et Culture pour tous, ce colloque interdisciplinaire propose de questionner les enjeux théoriques et pratiques de la médiation culturelle à partir de la notion de territoire.
Territoires géographiques. Dans les années 1970, les paradigmes du développement culturel et de l’aménagement du territoire ont propulsé la conception de la culture comme levier de développement territorial. Qu’en est-il aujourd’hui ? La médiation culturelle a-t-elle un rôle à jouer dans le développement culturel aux échelles locales, nationales et internationales ? S’articule-t-elle aux nouveaux paradigmes de l’Agenda 21 de la culture et des droits culturels promus par l’UNESCO ?
Territoires professionnels. Les zones d’intervention et les registres de pratiques de la médiation culturelle se superposent fréquemment avec ceux de l’animation socioculturelle, de l’éducation et des arts interdisciplinaires. L’ambition de transcender les frontières peut être perçue comme une innovation de la médiation culturelle ou comme un empiètement malvenu. Quels sont les points de contact, les interfaces et les frontières entre les territoires de la médiation culturelle et ceux des autres pratiques professionnelles?
Territoires critiques. La notion de territoire suscite une interrogation sur les limites théoriques de la médiation culturelle. Conceptualisation inachevée, simple levier de promotion de la fréquentation, instrumentalisation de l’art au service d’une « réparation » du social, outil d’intégration dans le moule culturel dominant, faible prise en compte des enjeux de l’éducation populaire, déconflictualisation des rapports sociaux – les angles d’attaque sont multiples. Quelles sont les utopies et idéologies qui sous-tendent la médiation culturelle et ses critiques? Ces limites peuvent-elles être dépassées pour repenser le lien entre culture, art et politique?
Ce colloque vise, d’une part à faire le point sur les expériences les plus innovantes de médiation culturelle, et d’autre part, à cerner les enjeux qu’elles suscitent. Il se tiendra les 14 et 15 mai 2014 à l’Acfas et sera précédé d’une journée d’échanges et de partage avec le milieu culturel et artistique québécois le 13 mai à la Société des arts technologiques (SAT) à Montréal.
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