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Anne-Marie Lacombe : Université Concordia
Cette conférence a pour but de présenter les résultats d'une revue de la littérature effectuée à l'été 2013 sur la création à partir de matériel d'archives. L'aperçu de la littérature est composé de publications (ouvrages, articles et numéros thématiques de revues) recensant les créations utilisant ou traitant des archives selon cinq domaines artistiques : les arts visuels, le cinéma, le théâtre et la danse (les arts de performance) et la musique. Il s'agit donc de mettre en lumière la façon dont le phénomène est perçu dans chacun des cinq domaines. Finalement, une dernière section sur le web – celui-ci comportant dorénavant ses propres particularités quant à la création à partir d'archives – vient conclure la revue de la littérature sur le sujet.
Au cours des vingt dernières années, l’archivistique a connu de profonds bouleversements tant sur le plan pratique que théorique. Parallèlement au développement de l’environnement numérique, le courant de pensée postmoderne a fortement affecté les assises de la discipline archivistique comme il a inspiré le champ de l’art. Sous cette influence et bien que les archivistes commencent à peine à en saisir l’importance, il y a un véritable mouvement de la part des artistes contemporains qui offrent une forme de remobilisation des archives particulièrement intéressante depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990. Et, bien qu’il n’existe pas encore de consensus quant à un tel mouvement que l’on pourrait intituler « art archival » ou « art archivistique », les historiens d’art s’accordent néanmoins pour affirmer l’existence une certaine « impulsion archivistique », qui se voit d’ailleurs décuplée à l’ère numérique, aujourd’hui. En outre le champ de l’art a largement investi les questions de l’archive et de l’archivage. Par ailleurs, depuis quelques années, les milieux culturels, et particulièrement ceux de l’art, se préoccupent de la conservation et de la valorisation de leurs propres archives. En développant des pratiques d’auto-archivage ne recourant pas nécessairement à l’archivistique telle que comprise par les archivistes, ils contribuent aujourd’hui à la réflexion sur l’évolution des archives en lien, notamment avec l’environnement numérique.Ce double mouvement dans le champ de l’art ouvre, du point de vue de la discipline archivistique, de nouvelles perspectives telles que l’élargissement du cadre de référence afin d’englober les diverses finalités des archives, la possibilité d’une conception dialectique de l’archive puisque celle-ci ne se réalise pleinement que lors des usages qui en sont faits ou encore la pleine reconnaissance de l’émotion, cette face cachée des archives. Une capacité toute aussi déterminante que celles de prouver, de témoigner ou d’informer.Dans le cadre du projet de recherche « Archives et création : nouvelles perspectives sur l’archivistique » (Programme Savoir, CRSH), ce colloque propose une mise en dialogue d’archivistes, d’artistes et d’historiens de l’art autour de la thématique « archives et création ».