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Ces femmes qui osent montrer : la diffusion des avant-gardes artistiques

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Geneviève Lafleur

Résumé de la communication

Notre communication aura pour sujet les femmes actives dans le milieu de la diffusion des arts visuels durant la première moitié du vingtième siècle à titre de galeristes, gestionnaires de centres d'art, fondatrices de musée ou bénévoles. En nous intéressant à des figures actives sur les territoires géographiques de la France, des Etats-Unis et du Canada, nous soutenons que plusieurs femmes ont joué un rôle déterminant dans le développement des arts visuels en promouvant des pratiques contemporaines inconsidérées par les milieux officiels de l'art, ainsi qu'en fondant ou gérant des espaces de diffusion alternatifs.?? Nous supposons que leur statut de femmes a été utilisé à l'époque de manière positive pour expliquer et justifier le caractère novateur de leurs interventions dans le milieu artistique, qui ont été situées dans une prolongation des rôles traditionnels féminins. Mais nous croyons également que leur statut de femmes a contribué à la dévalorisation de leur rôle et apport à la discipline de l'histoire de l'art. En faisant un survol de la réception critique des activités de quelques-unes de ces figures, nous comprendrons que le caractère novateur et l'élément de risque des pratiques de diffusion de ces femmes a été justifié, naturalisé, puis minorisé par leur sexe.

Résumé du colloque

L’avant-garde a-t-elle un sexe? Si nous pensons qu’il dépasse en théorie les catégories de genre, le concept d’avant-garde reste le plus souvent associé à un imaginaire masculin dans la culture visuelle et littéraire. Centrée sur la figuration, métaphorique ou non, d’une posture empruntant beaucoup aux origines militaires du concept, l’écriture de l’histoire des pratiques culturelles et de l’offensive intellectuelle de l’avant-garde reste entachée d’une « virilité originelle », tandis que l’on investit la posture féminine d’une dimension exploratoire sentimentale et intime, même lorsqu’elle se positionne volontairement dans l’espace public. Ceci n’est pas sans reproduire des clichés en vogue depuis le 19e siècle qui voudraient cantonner le féminin à l’affectif et le masculin au politique. En outre, dans le discours historique en littérature, en arts ou en cinéma, les productions féminines se situent dans un champ para-artistique : les femmes « ouvrent la voie », elles montrent un « domaine nouveau », mais semblent ne pas remettre en question, comme c’est le cas pour les hommes, les conventions esthétiques et les idéologies du champ culturel − exception faite des productions à saveur féministe qui, elles aussi, sont considérées « à part ».

Réunissant des chercheurs émergents et établis, ce colloque propose d’interroger l’avant-garde de manière théorique et méthodologique en ce qu’elle constitue un système de représentations des genres sexués. Au-delà d’études monographiques, ce sera l’occasion de poser un regard critique sur l’état du discours universitaire sur les pratiques culturelles des mouvements sociaux et politiques, tant historiques que contemporains. Comment se construit un mouvement avant-gardiste dans sa réception critique? Quelle place cette réception fait-elle à la différence sexuelle? L’histoire doit-elle réinterpréter les « mouvements féminins » isolés, non plus comme des productions féministes mais comme parties prenantes d’une avant-garde mixte?

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
news icon Thème du colloque :
Le sexe de l'avant-garde
section icon Date : 15 mai 2014

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Titre du colloque :

Le sexe de l'avant-garde

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Thème du colloque :

Le sexe de l'avant-garde