pen icon Colloque
quote

Experts et usagers dans les instances décisionnelles multijoueurs publiques

IL

Membre a labase

Isabelle Lacroix : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Selon Godbout (2001), un des risques liés à l'accroissement des procédures de participation directe est qu'en réduisant le nombre de personnes impliquées dans la décision (si l'on compare avec la démocratie représentative), on crée un fossé entre les « compétents » et les « autres », donnant aux premiers une marge de manœuvre décisionnelle toujours plus grande. Cette dichotomie experts-usagers est au cœur de notre recherche conduite auprès de 15 organisations participantes représentant huit instances décisionnelles multijoueurs comportant la présence de citoyens. Si nos résultats préliminaires semblaient donner raison à Godbout vu le rôle prépondérant de la direction générale dans chacune des organisations observées, nous souhaitons maintenant pouvoir confirmer ce constat, et élargir l'analyse à la comparaison de la place de ces experts par rapport à celle des usagés.

Résumé du colloque

Ce 7e colloque organisé en partenariat avec l’Institut du Nouveau Monde (INM) propose d’approfondir la compréhension des tensions entre la participation et la démocratie en explorant trois thèmes de la pensée de Jacques T. Godbout : 1) les effets pervers de la participation en démocratie; 2) les relations entres les professionnels et les usagers; et 3) l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. Ce colloque sera l’occasion de réfléchir à la pertinence de cette analyse pour le Québec en présence de l’auteur.

Il y a un peu plus de 30 ans, Jacques T. Godbout, présentait dans son livre La participation contre la démocratie un regard critique et lucide sur les tensions entre la démocratie représentative et les dispositifs de participation mis en place par les gouvernements pour légitimer leurs actions en instrumentalisant la parole des citoyens.

La démocratie des usagers poursuit cette réflexion et problématise les effets pervers de la participation des citoyens dans le contexte des sociétés libérales contemporaines. Il démontre que la relation expert-usager se substitue au lien politique dans les différents programmes et organismes de l’État. En faisant la promotion de la participation au sein de la relation professionnels-usagers, l’État affaiblit, voire évacue, la possibilité du jeu démocratique.

La participation n’a pas que des effets pervers. Jacques T. Godbout s’est également penché sur l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. La participation permet-elle de développer une société innovante et comment?

Il s’agira, au cours de ce colloque, de réfléchir aux thèmes proposés par Godbout, de les confronter à des cas d’actualité et d’en comprendre la portée 30 ans plus tard...

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :