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Jean-Paul Fourmentraux
Depuis les années 1990, les politiques publiques et/ou privées visent à élargir le champ d'intervention des arts et à en accroître les retombées pour la société à travers une volonté de « démocratisation de la culture » : par un enrichissement de l'offre et une ouverture à des pratiques qui n'étaient pas jusqu'alors reconnues comme faisant parties des Beaux arts (danses urbaines, design, architecture, paysage, art culinaire…). Dans cette période où est menée une « politique des artistes » et de soutien aux auteurs, la Fondation de France propose de reconsidérer la « valeur d'usage » de l'art. Le programme d'action des « Nouveaux Commanditaires » invite des citoyens, confrontés à un problème de société ou de développement d'un territoire, à prendre l'initiative d'une commande à des artistes contemporains. Son originalité repose sur une conjonction nouvelle entre quatre acteurs : les citoyens commanditaires, le médiateur culturel de la Fondation de France et l'artiste, rejoints dans la phase de production de l'œuvre par des partenaires publics et privés. Ma communication proposera d'éclairer les mutations du travail de création et la métamorphose des œuvres promues par ce dispositif de soutien et de médiation artistique. Pour mieux définir et qualifier, ensuite le travail de médiation lui-même, qui n'est plus ici simple transmission d'une œuvre préexistante, mais davantage instauration d'une « œuvre commune » qui passe par des phases de conflit, de négociations, de compromis.
Entre-deux, lien, transmission, mise en partage – la médiation culturelle se présente comme une philosophie d’action cherchant à renouveler les relations entre art, culture et société. Mise sur pied par le Groupe de recherche sur la médiation culturelle, en partenariat avec le Centre interuniversitaire d’études sur les arts, les lettres et les traditions (CELAT), la Ville de Montréal et Culture pour tous, ce colloque interdisciplinaire propose de questionner les enjeux théoriques et pratiques de la médiation culturelle à partir de la notion de territoire.
Territoires géographiques. Dans les années 1970, les paradigmes du développement culturel et de l’aménagement du territoire ont propulsé la conception de la culture comme levier de développement territorial. Qu’en est-il aujourd’hui ? La médiation culturelle a-t-elle un rôle à jouer dans le développement culturel aux échelles locales, nationales et internationales ? S’articule-t-elle aux nouveaux paradigmes de l’Agenda 21 de la culture et des droits culturels promus par l’UNESCO ?
Territoires professionnels. Les zones d’intervention et les registres de pratiques de la médiation culturelle se superposent fréquemment avec ceux de l’animation socioculturelle, de l’éducation et des arts interdisciplinaires. L’ambition de transcender les frontières peut être perçue comme une innovation de la médiation culturelle ou comme un empiètement malvenu. Quels sont les points de contact, les interfaces et les frontières entre les territoires de la médiation culturelle et ceux des autres pratiques professionnelles?
Territoires critiques. La notion de territoire suscite une interrogation sur les limites théoriques de la médiation culturelle. Conceptualisation inachevée, simple levier de promotion de la fréquentation, instrumentalisation de l’art au service d’une « réparation » du social, outil d’intégration dans le moule culturel dominant, faible prise en compte des enjeux de l’éducation populaire, déconflictualisation des rapports sociaux – les angles d’attaque sont multiples. Quelles sont les utopies et idéologies qui sous-tendent la médiation culturelle et ses critiques? Ces limites peuvent-elles être dépassées pour repenser le lien entre culture, art et politique?
Ce colloque vise, d’une part à faire le point sur les expériences les plus innovantes de médiation culturelle, et d’autre part, à cerner les enjeux qu’elles suscitent. Il se tiendra les 14 et 15 mai 2014 à l’Acfas et sera précédé d’une journée d’échanges et de partage avec le milieu culturel et artistique québécois le 13 mai à la Société des arts technologiques (SAT) à Montréal.
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