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Nabil Touili : Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
En France, la gestion des risques s'articule autour d'une combinaison de mesures structurelles et non structurelles. Néanmoins, ce sont les mesures non structurelles qui sont aujourd'hui privilégiées en zones à risques au détriment des mesures structurelles. Cette transition trouve partie de son origine depuis les impacts de la tempête Xynthia. En effet, au-delà de la combinaison classique entre mesures structurelles et non structurelles, la gestion des risques connaît une transition qui s'achemine vers le remplacement, même, des mesures structurelles par l'application des mesures non structurelles. Les zones à risques, jadis, reconnue par l'existence de mesures physiques de défense, sont à présent reconnues par l'application de mesures non structurelles telles que les Plans de Prévention des Risques d'Inondations (PPRI) ou les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS). Cet article offre une analyse croisée des mesures associées à la prévention, à la réponse à la crise et à la reprise post-crise. Dans cette transition, la répartition des mesures, structurelles et non structurelles, et leur assimilation dans une approche intégrée soulèvent plusieurs interrogations quant à la réduction des vulnérabilités en zones à risques.
Réduction des risques naturels, quel bilan pour le Québec?
Les risques naturels ont un coût économique et humain sans cesse croissant. L’Organisation météorologique mondiale s’est fixé comme objectif de réduire de moitié, à l’horizon 2019, la mortalité moyenne causée par les risques naturels d’origine météorologique, hydrologique et climatique par rapport à la moyenne de dix ans, en prenant comme référence la période 1994-2013.
Au Québec, si le nombre de victimes à déplorer est certes substantiellement moins élevé que dans d’autres régions du globe, il n’en reste pas moins que les efforts de prévention devraient prendre en compte cet objectif. Rappelons-nous le Saguenay en juillet 1996!
C’est également du point de vue des pertes économiques que des efforts supplémentaires devraient être réalisés. L’OMM établit un constat fort intéressant en chiffrant le coût des opérations de rétablissement après un sinistre par rapport à celui d’une meilleure préparation pour un même événement. Ainsi, elle estime que « chaque dollar investi dans la préparation aux catastrophes naturelles permet d’économiser les sept dollars qu’il aurait fallu dépenser pour remédier aux pertes économiques occasionnées ». C’est bien la première fois qu’une telle comparaison est mise de l’avant.
Le Plan national sur la sécurité civile au Québec (PNSC), issu de la Loi sur la sécurité civile publiée en 2001, est continuellement mis à jour à la lumière des événements qui se sont produits, mais aussi des expériences en matière de gestion de risques. Une nouvelle mouture de la Loi sur la sécurité civile s’impose-t-elle pour tenir compte d’objectifs nouveaux et d’une réalité changeante? Dans ce contexte, la pertinence des recherches sur les risques et sur leur gestion dans une optique de réduction des impacts apparaît d’autant plus grande, et ceci autant à la lueur des expériences et expertises québécoises que de celles provenant de l’international.
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