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La chose que l'on appelle soi : une analyse de Blood and Guts in High School et Great Expectations de Kathy Acker

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Sophie Horth : Université Laval

Résumé de la communication

Les deux romans de Kathy Acker traitent de la perception des corps féminins et masculins et de leur rôle dans la construction de l'Être. La lecture des œuvres les présente comme des miroirs déformants placés face à face, se répondant et créant une nouvelle vérité, vérité qui dépasse les attentes du lecteur. Le lecteur découvre que la perception du soi, de son corps, est une construction qu'il parvient à faire lui-même grâce à l'utilisation de l'art, de la culture. Cependant, ce qui est au centre de la réflexion, c'est l'interprétation personnelle des éléments culturels, tels que la langue, le corps et l'art, qui permet une appropriation qui est nécessaire si l'on souhaite se créer un «moi» subjectif pour se posséder réellement et complètement. Ce moi devenu subjectif ne permet plus exclusivement d'être un observateur du monde mais de le construire en commençant par l'image de soi-même. La vérité de l'esprit passe donc par plusieurs éléments confondus, à travers lesquels la notion de sexe, de genre, devient accessoire. Dans les romans d'Acker, et particulièrement Great Expectations, qui représente une continuation des points abordés dans Blood and Guts in High School, la différence sexuelle devient désuète grâce au personnage androgyne de Peter. Cette nouvelle façon de percevoir le corps et l'être fait des deux romans des œuvres revendicatrices de changement; elles dérangent parce qu'elles sont en marge de la pensée traditionnelle et parce qu'elles proposent une autre réalité.

Résumé du colloque

L’avant-garde a-t-elle un sexe? Si nous pensons qu’il dépasse en théorie les catégories de genre, le concept d’avant-garde reste le plus souvent associé à un imaginaire masculin dans la culture visuelle et littéraire. Centrée sur la figuration, métaphorique ou non, d’une posture empruntant beaucoup aux origines militaires du concept, l’écriture de l’histoire des pratiques culturelles et de l’offensive intellectuelle de l’avant-garde reste entachée d’une « virilité originelle », tandis que l’on investit la posture féminine d’une dimension exploratoire sentimentale et intime, même lorsqu’elle se positionne volontairement dans l’espace public. Ceci n’est pas sans reproduire des clichés en vogue depuis le 19e siècle qui voudraient cantonner le féminin à l’affectif et le masculin au politique. En outre, dans le discours historique en littérature, en arts ou en cinéma, les productions féminines se situent dans un champ para-artistique : les femmes « ouvrent la voie », elles montrent un « domaine nouveau », mais semblent ne pas remettre en question, comme c’est le cas pour les hommes, les conventions esthétiques et les idéologies du champ culturel − exception faite des productions à saveur féministe qui, elles aussi, sont considérées « à part ».

Réunissant des chercheurs émergents et établis, ce colloque propose d’interroger l’avant-garde de manière théorique et méthodologique en ce qu’elle constitue un système de représentations des genres sexués. Au-delà d’études monographiques, ce sera l’occasion de poser un regard critique sur l’état du discours universitaire sur les pratiques culturelles des mouvements sociaux et politiques, tant historiques que contemporains. Comment se construit un mouvement avant-gardiste dans sa réception critique? Quelle place cette réception fait-elle à la différence sexuelle? L’histoire doit-elle réinterpréter les « mouvements féminins » isolés, non plus comme des productions féministes mais comme parties prenantes d’une avant-garde mixte?

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
news icon Thème du colloque :
Le sexe de l'avant-garde
section icon Date : 15 mai 2014

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Titre du colloque :

Le sexe de l'avant-garde

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Thème du colloque :

Le sexe de l'avant-garde