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Karima Chader : Université de Béjaïa
Des rites et de leurs catégories, l'on a choisi les rites de passage, étant
donné qu'ils ponctuent et jalonnent la vie de l'individu de sa naissance
jusqu'à sa mort.
Le rite de passage qui nous intéresse à cet endroit est, le rite de la
circoncision qui est essentiellement masculin, et surtout du point de vue de sa
valeur sociale, et à travers lequel, nous tenterons de mettre en exergue la
condition féminine dans la société algérienne.
D'aucuns s'accordent à dire que les pratiques rituelles sont l'apanage des
femmes. Mais le recours de ces dernières aux rites, démontre bien que
tout ce qu'elles déploient en matière d'efforts, ne peut refléter que le
conflit hommes/femmes, car il faut souligner cette opposition qui monte les uns
contre les autres. Qui cherche à maintenir sa position sociale et tout ce
qu'elle lui confère comme privilèges, et qui, cherche à se frayer un chemin et à
se positionner socialement.
La circoncision est considérée comme une
promotion sociale du garçon en Algérie, est
désormais injecté dans le monde des hommes. Ce rite qui marque le
passage de l'enfant d'un seuil à un autre, mettra fin à tout ce qui trait à la
féminité, et s'il arrive que le circoncis meure en bas âge, sa toilette
funéraire incombera aux seuls hommes. Ainsi, les femmes se retrouvent du fait
de la circoncision, exclues, alors que le petit continue à évoluer au sein de
leur monde.
L’étude des rites constitue un champ de recherche qui transige avec toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Depuis le début du siècle dernier, plusieurs spécialistes ont développé diverses perspectives théoriques sur les rites (Durkheim, Mauss,Van Gennep, Reik, Turner, Douglas, Levi Makarius, Cazeneuve, Isambert, Grimes, Bell, Hall, Bourdieu, Goffman, Martens, Balandier, Rivière, Thomas, Maisonneuve, Girard, Segalen, Fellous, Cyrulnik, Wulf, etc.). Il ressort de leurs travaux que les rites ne peuvent plus être considérés commedes actes aliénants, mécaniques et figés. Ces auteurs ont plutôt mis en évidence leur univers symbolique très riche. Éliade, Caillois, Durand, Isambert et Sperber (156-159) se sont notamment intéressés au sémantisme de cette dimension symbolique. Bourdieu de son côté a reconnu qu’ils sont des actions hautement significatives dans la mesure où ils rendent visible l’identité. Ils permettent l’acquisition progressive d’habitus, de comportements, d’attitudes, de dispositions d’esprit, etc. Plusieurs auteurs ont aussi analysé leur fonction sacramentelle en vue d’un rapport au sacré ou à une transcendance. De sa perspective sociologique, Goffman les analysait à travers ses descriptions des interactions sociales. D’autres auteurs plus contemporains, comme Gebauer et Wulf, ont relancé les études sur les rites en insistant sur leur performativité et leur transmission par mimétisme. Le champ des études sur les rites est donc largement ouvert et plusieurs approches théoriques s’y rencontrent. À cet égard, nous désirons rassembler des chercheurs de tous les horizons disciplinaires pour faire état des travaux les plus récents sur les rites.
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