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La « crise de la démocratie » au regard du religieux : Régis Debray et Marcel Gauchet

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Thibault Tranchant : Cégep Édouard-Montpetit

Résumé de la communication

Au contact des totalitarismes, la critique du marxisme, par ceux-là mêmes qui le soutenaient naguère, a vu renaître en France à partir des années 1970 le débat proprement moderne portant sur la possibilité pour une société de se construire en dehors du religieux. Alors qu'un auteur tel que Régis Debray soutient qu'une société ne peut se fonder sur une base profane, un auteur tel que Marcel Gauchet soutient, au contraire, que la religion est un phénomène historique duquel nous sommes sortis, et que l'instituant premier du social est le politique. Dans ce texte, nous montrerons que cette problématique permet d'apporter un éclairage original sur la question de la légitimité du pouvoir, ainsi que sur celle de la « crise de la démocratie ». Nous commenterons et comparerons donc La critique de la raison politique de Régis Debray (1981) et Le désenchantement du monde de Marcel Gauchet (1985).

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

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