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Joanne Pharand
Dans la francophonie, le terme littératie émotionnelle est nouveau. Cependant des chercheurs australiens et britanniques associent Emotional literacy à intelligence émotionnelle (Sorin, 2004; Coopock, 2006; Perry, Lennie et Humphrey, 2008). La littératie émotionnelle correspondrait donc aux habiletés décrites par Mayer et Salovey (1997) : percevoir, comprendre, décoder et autoréguler ses émotions. Nous présenterons les résultats d'une recherche effectuée auprès d'enseignants du troisième cycle au primaire à la suite de l'expérimentation d'une démarche d'intégration de l'intelligence émotionnelle dans leurs relations avec les élèves et dans l'accompagnement effectué auprès d'élèves à risque pour les aider à comprendre et à autoréguler les émotions vécues en classe. La maitrise de ces compétences constitue un outil non seulement de prévention des difficultés scolaires, mais aussi de compréhension du rôle des émotions dans la disponibilité des élèves à apprendre et dans les interventions des enseignants dans ce sens. Le langage émotionnel est accessible dans la mesure où les intervenants acceptent de reconnaitre et d'examiner leurs propres émotions pour mieux comprendre celles des autres. La contribution du terme littératie émotionnelle enrichit, sinon élargit, le concept de la littératie et fournit un outil d'intervention préventive.
La littératie est la capacité d’une personne à comprendre et à utiliser le langage, les nombres, les images et les TIC pour échanger, interagir avec les autres, saisir son environnement, acquérir de nouvelles connaissances, développer son plein potentiel et être un citoyen à part entière. Dans une perspective inclusive, cette définition intègre aussi la capacité des milieux et des services à favoriser l’accessibilité aux usages sociaux du langage, des chiffres, des images et des TIC dans leurs contextes respectifs afin d’appuyer le développement du plein potentiel de leur population et l’exercice de leur citoyenneté (Ruel et Moreau, 2013). Plus de la moitié de la population québécoise de 16 à 65 ans possède des compétences insuffisantes en littératie pour participer activement au monde actuel (PEICA, 2012; Statistique Canada, 2013). Également, sur un plan scientifique, des études indiquent que des difficultés en lecture dès l’âge de 7 ans sont un indicateur important de décrochage scolaire (Janosz, 2013). Selon McCraken et Murray (2009), entre 20 et 40 % des élèves canadiens n’auraient pas les compétences suffisantes en littératie pour être concurrentiels dans notre monde compétitif. Le récent avis du Conseil supérieur de l’éducation (2013) portant sur la littératie des adultes reconnaît les enjeux liés à leur faible taux. En somme, une mobilisation de tous les acteurs est souhaitée afin d’assurer la mise en place de pratiques éducatives efficientes pour tous les apprenants et d’assurer le développement de milieux inclusifs qui prennent en compte les niveaux de littératie des personnes desservies. Le colloque propose de rassembler équipes et chaires de recherche, groupes d’intérêt, chercheurs et étudiants de cycles supérieurs œuvrant en littératie au Québec afin de faire un état des lieux, tant sur le plan des actions communautaires et scolaires que sur celui des recherches de terrain qui se déroulent dans des contextes variés et portent sur diverses formes de littératie?.
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