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La méthodologie de la théorisation enracinée et les méthodes mixtes

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François R. Derbas Thibodeau : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Est-il possible d'utiliser des méthodes quantitatives à l'intérieur d'une démarche générale inductive? Dès leur ouvrage fondateur (1967,1994) Glaser et Strauss répondent que l'usage de méthodes quantitatives ne s'oppose pas à l'enracinement d'une théorisation Au contraire, «The freedom and flexibility that we claim for generating theory from quantitative data will lead to new strategies and styles of quantitative analysis, with their own rules yet to be discovered. And these new styles of analyses will bring out the richness of quantitative data that is seen only implicitly while the focus remains on verification» (Glaser 1994, 198). Le fait que la vaste majorité des recherches menées selon les principes épistémologiques de la Grounded Theory aient été et soient encore qualitatives contribue à une méprise de cette méthodologie générale. L'assimilation de la polarité entre déduction et induction, ainsi qu'entre quantitatif et qualitatif, constitue une erreur épistémologique importante. Il est possible de mener une recherche mixte, en utilisant plusieurs méthodes qualitatives et quantitatives, à l'intérieur d'une démarche méthodologique inductive. Dans cette communication, nous présenterons une analyse des écrits méthodologiques portant sur cette possibilité des analyses quantitatives en Grounded Theory et une autre analyse des recherches (articles, livres, chapitres, mémoires, thèses) dans le cadre desquelles les chercheurs ont combiné Grounded Theory et méthodes quantitatives.

Résumé du colloque

Héritée de la valorisation des sciences explicatives au détriment des sciences compréhensives (Apel, 1979), la dichotomie entre méthodes qualitatives et méthodes quantitatives est courante en sciences sociales. Cette dichotomie fait ombrage aux apports et à la pertinence des méthodes mixtes, soit aux démarches méthodologiques combinant qualitatif et quantitatif. Pourtant, dès l’ouvrage fondateur de la méthodologie de la théorisation enracinée MTE, Glaser et Strauss affirmaient : « Dans de nombreuses situations, les deux formes de données sont nécessaires » (Glaser et Strauss, 2010 [1967] : 104).

L’augmentation des recherches multidisciplinaires et des recherches institutionnelles encourage l’usage des méthodes mixtes. Par contre, ces méthodes soulèvent de nombreux questionnements épistémologiques, méthodologiques et académiques. Les méthodes mixtes relèvent-elles des approches inductives ou déductives? Comment les deux formes de données se combinent-elles, les données qualitatives ne sont-elles que des préludes aux validations statistiques? Les corpus de formations universitaires actuels favorisent-ils l’usage et la reconnaissance des méthodes mixtes?

Sous forme de forum, ce colloque interdisciplinaire réunira des chercheurs universitaires et institutionnels qui utilisent les méthodes mixtes. Il sera également l’occasion d’échanges méthodologiques entre chercheurs et étudiants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

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