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Frédéric Tournier : Université Paris Cité
Comment faire passer les résultats de la science ? Un atelier d'enseignement d'un master de journalisme traitant de controverses scientifiques théâtralisées permet de développer chez les étudiants une conscience à la fois réflexive et collective de la complexité du travail scientifique et de la vie sociale des faits scientifiques.
En cinq semaines, les étudiants réalisent une recherche documentaire sur le sujet, écrivent des dialogues et répêtent le spectacle jusqu'à sa présentation au public, pièce dont les propos doivent être compréhensibles par tous. Il s'agit d'utiliser le théâtre comme un outil d'exploration narrative, de relier les connaissances scientifiques au oontexte socioculturel et politique, sollicitant chez eux à la fois rigueur et imagination, en abordant des contenus scientifiques de manière critique. Cela exige par conséquent un double engagement de la part des étudiants, intellectuel et physique. En mettant de l'émotion dans les dialogues et les situations, la dimension affective, souvent absente des processus de vulgarisation, devient un élément essentiel de la dramatisation.
Cet exercice a donc une double vertu pour les étudiants : une exporation approfondie d'un sujet scientifique et une amélioration des performances individuelles que nécessite la scène théâtrale, qualités nécessaires aux métiers de la communication.
La rencontre entre les sciences et le spectacle vivant a donné naissance à un genre complexe, une sorte d’hybride produisant des pièces de théâtre, mais aussi des spectacles de magie, de chansons, de danse, de clowns, des cabarets, des démonstrations « spectaclisées »… Présentés pour différents publics dans des théâtres, musées et écoles, en de multiples occasions, événements locaux, nationaux, opportunités diverses, tous posent des questions relatives à leurs choix artistiques, esthétiques, à leurs contextes de création, à leur montage et mise en œuvre et, finalement, à la dynamique de leur réception. Ces actions relèvent-elles de la pédagogie, de la culture, du « scienc’tainment » comme on dit « info’tainment »? Ne sont-elles pas un « usage social des sciences »? Qu’est-ce qui « fait œuvre »?
Ce colloque soulève les problématiques de recherche que l’on peut conduire sur ces objets culturels particuliers : recherches relevant de l’esthétique, de la communication, de la didactique et de l’épistémologie, pour, in fine, en comprendre les dynamiques de réception. Ces recherches relèvent nécessairement de l’interdisciplinarité, croisant sciences humaines et autres disciplines scientifiques, sous des formes qu’il convient aussi d’interroger, en amont – pendant la phase de création –, pendant et après les représentations (au sens théâtral!). Elles doivent aussi nécessairement interroger les acteurs (au sens sociologique) et l’œuvre comme processus. Leur cadre général n’entre-t-il pas dans un questionnement autour de la circulation culturelle des savoirs ou de l’anthropologie culturelle des savoirs? N’est-ce pas, finalement, parce que les savoirs sont moins présents qu’ils ne le sont pas plus?
Autant de questions qui devraient permettre de participer à la construction de ce champ de recherches en émergence, mais aussi d’offrir à la communauté artistique et pédagogique des éléments pour conforter leurs actions ou en développer de nouvelles.
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