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Margaux RUELLAN : Université de Montréal
Cette présentation aura comme ambition de repenser la « participation politique locale » comme un fait pratique inévitable, afin de défendre une inclusion participative des habitants dans les prises de décisions locales. Elle critique, d'une part, la vision utilitariste de la participation comme légitimation du pouvoir représentatif (Godbout, 1983) ; et se dissocie, d'autre part, d'une définition trop formelle et institutionnelle de la participation politique (Bevort, 2002). Elle se propose de la concevoir comme un fait à la fois formel et informel, volontaire et involontaire, par lequel un citoyen prend part à la constitution de la spatialité comme objet public.
La cohabitation pluraliste et publique en ville a pour conséquence la mise en place d'une relation participative indirecte à la politique urbaine. En effet, les conditions de vie en ville créent des enjeux politiques et normatifs spécifiques à la spatialité – co-présence avec la pluralité (Young, 1990), expressivité publique (Goffman, 1973 ; Joseph, 1991, 1998), et porosité des frontières des domaines public et privé (Sennett, 1979 ; Lussault, 2007). Ces enjeux faisant partie du quotidien des habitants, chacun participerait, certes à des degrés différents, à la constitution de la ville comme objet politique. Écarter les habitants des processus décisionnels exposerait donc les politiques publiques à des difficultés épistémiques et pratiques (Dewey, 1984 ; Estlund, 2008).
Ce 7e colloque organisé en partenariat avec l’Institut du Nouveau Monde (INM) propose d’approfondir la compréhension des tensions entre la participation et la démocratie en explorant trois thèmes de la pensée de Jacques T. Godbout : 1) les effets pervers de la participation en démocratie; 2) les relations entres les professionnels et les usagers; et 3) l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. Ce colloque sera l’occasion de réfléchir à la pertinence de cette analyse pour le Québec en présence de l’auteur.
Il y a un peu plus de 30 ans, Jacques T. Godbout, présentait dans son livre La participation contre la démocratie un regard critique et lucide sur les tensions entre la démocratie représentative et les dispositifs de participation mis en place par les gouvernements pour légitimer leurs actions en instrumentalisant la parole des citoyens.
La démocratie des usagers poursuit cette réflexion et problématise les effets pervers de la participation des citoyens dans le contexte des sociétés libérales contemporaines. Il démontre que la relation expert-usager se substitue au lien politique dans les différents programmes et organismes de l’État. En faisant la promotion de la participation au sein de la relation professionnels-usagers, l’État affaiblit, voire évacue, la possibilité du jeu démocratique.
La participation n’a pas que des effets pervers. Jacques T. Godbout s’est également penché sur l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. La participation permet-elle de développer une société innovante et comment?
Il s’agira, au cours de ce colloque, de réfléchir aux thèmes proposés par Godbout, de les confronter à des cas d’actualité et d’en comprendre la portée 30 ans plus tard...