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Bocar Niang : Université de Sherbrooke
La radiodiffusion de masse occupe une place de choix dans l'évolution politique de l'Afrique Occidentale Française (AOF). Implantée dès 1939 à Dakar, alors capitale de la Fédération de l'AOF, elle a servi les intérêts et les objectifs de l'administration coloniale, en tant qu'outil de propagande.Mais à partir du milieu des années 1950, va s'opérer une mue qui voit la radio favoriser la prise de parole politique des administrés coloniaux. Cette évolution est encouragée par deux évènements-clé ; Il y a d'abord la création, en 1955, de la Société de radiodiffusion de la France d'Outre-mer (Sorafom) dont l'une des missions est de rapprocher l'outil radiophonique des populations. Grâce aux investissements consentis par la Sorafom, chaque territoire va se doter de sa radio, rompant ainsi avec la politique de centralisation pratiquée depuis 1939. Il y a ensuite la nouvelle donne politique introduite par la Loi-Cadre, de 1957, qui permet aux territoires composant l'AOF d'accéder à un nouveau statut de semi autonomie.
Comment l'élite politique locale, qui livre une bataille dont l'issue projetée est l'indépendance, va-t-elle manœuvrer, pour instrumentaliser la radio pour servir ses objectifs? Comment s'opère la transition de la radio, d'instrument entre les mains du colonisateur en un outil d'éveil politique des populations? Jusqu'à quel point la radio devient-elle alors un instrument de choix dans le dispositif politique des nouveaux pouvoirs autonomes africains
Au lendemain de la chute du mur de Berlin en 1989, le vent de changement qui a marqué les rapports internationaux a eu comme effet la démocratisation et la libéralisation des espaces publics en Afrique. Ce contexte nouveau permet ainsi la résurgence de la prise de parole et de la libre expression de la part des médias, des associations, des intellectuels et de la société civile. L’objectif de ce colloque multidisciplinaire est d’évaluer les enjeux, les modalités et les formes d’expression de la prise de parole, mais aussi du militantisme politique ou social en vue de la défense et de la promotion de certaines causes comme les droits humains, la reconstruction identitaire, l’amélioration des conditions de vie des populations ou encore la lutte en faveur de la démocratie, de la liberté et de l’égalité. La littérature historienne, le roman, les arts, les médias et en particulier Internet deviennent donc quelques-uns des lieux privilégiés d’expression de la prise de conscience et de l’engagement qui sous-tendent la prise de parole.
Le témoignage de Françoise Nozati, ancienne coopérante française en République centrafricaine sur son expérience sera également important. Elle se porte en effet totalement en faux par rapport à la stratégie officielle de la coopération française, en prônant une approche idéaliste et humaine susceptible d’appuyer réellement les projets de développement en Afrique.
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