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L'allocation universelle et le principe de réciprocité : le problème du passager clandestin

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Alexandre C Bertrand : Université de Montréal

Résumé de la communication

Une des objections les plus récurrentes qui soient faites contre l'allocation universelle est qu'il serait inéquitable de laisser une personne apte à travailler vivre du labeur d'autrui. Cette objection a pour origine le principe de réciprocité, soit l'idée que toute personne qui tire un bénéfice de la coopération sociale a l'obligation morale de rendre la pareille. L'absence de condition pour bénéficier d'une allocation universelle serait alors injuste, notamment parce qu'elle n'exige pas la participation passée, présente ou future du bénéficiaire à la (re)production des avantages de la coopération. Nous proposons d'analyser deux arguments qui limitent la portée de l'objection dans une perspective libérale égalitaire : premièrement, la neutralité libérale égalitaire et l'égal respect des conceptions de la vie bonne peuvent exiger un droit de ne pas travailler, notamment parce que les notions de travail et de contribution posent plusieurs problèmes, ce qui rend la juste application du principe de réciprocité difficile, voire impraticable ; et, deuxièmement, le droit des personnes qui ne travaillent pas à une allocation universelle peut être considéré comme une chance brute comparable à d'autres types de chance brute. Ainsi, une allocation universelle, sous certaines conditions, pourrait être une mesure de justice distributive acceptable, malgré qu'elle n'ait aucune exigence en termes de travail et, subséquemment, qu'elle ne se soumette pas au principe de réciprocité.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

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