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Éric Poirier : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Pour les traducteurs, la connaissance des concepts et des mots clés d'un domaine de spécialisation et de leurs traductions potentielles sont loin d'être suffisantes. Il leur faut en effet connaître la combinatoire de ces unités lexicales simples ou complexes dans la langue source et de leurs traductions dans la langue cible malgré les contrastes de ces combinatoires dans les deux langues. Les traducteurs doivent rendre le sens rattaché à leur combinatoire source tout en respectant les éléments contrastifs de cette combinatoire dans la langue d'arrivée. À partir de quelques mots clés élémentaires du domaine de l'économie et de la finance, nous présentons les combinatoires lexicalisées, ou unités phraséologiques, que nous avons dépouillées dans les manuels pédagogiques du domaine et les répertoires lexicographiques spécialisés. Nous proposons deux types d'unités phraséologiques spécialisées : les unités phraséologiques conceptuelles des langages de spécialité que partagent l'une et l'autre langue et dont le patron combinatoire est facilement transféré d'une langue à l'autre, et les unités phraséologiques idiomatiques dans l'une ou l'autre des langues de spécialité et que met en évidence le contraste de leurs combinatoires associées par l'opération traduisante. Nous examinons enfin les possibilités offertes par l'analyse de corpus et les limites de cette analyse dans le dépouillement et la caractérisation de ces unités phraséologiques.
Le lexique d’une langue n’est pas vu comme un objet monolithique. Son étude passe par l’identification de caractéristiques particulières non seulement de mots isolés, mais aussi de regroupements de mots qu’on pourrait appeler des ensembles lexicaux. On peut les définir de différentes manières, pas mutuellement exclusives : par thématique (ex. le lexique de l’environnement), par niveau d’apprentissage (ex. « Basic English »), par caractéristiques sémantiques (ex. événements, prédicats, objets, etc.), par contexte d’utilisation (ex. terminologie spécialisée par rapport à langue générale). Selon l’optique retenue, les méthodes d’identification, de caractérisation, d’enseignement et de description ne sont pas les mêmes.
Il devient intéressant de comparer les différentes approches afin de voir dans quelles mesures elles peuvent s’alimenter et s’enrichir mutuellement. Le travail en vase clos des chercheurs s’intéressant à la thématique peut conduire à des recherches en parallèle qui ne sont que trop rarement mises en commun dans un cadre d’échange multidisciplinaire. Une considération moins monolithique du lexique ne pourra que conduire à des descriptions plus flexibles et complémentaires.
Le colloque permettra :
1) de réunir des chercheurs intéressés par cette la thématique du lexique à vocation particulière afin qu’ils puissent échanger sur leur cadre théorique, leur méthode et leur utilisation des divers sous-ensembles lexicaux;
2) d’explorer les bases théoriques de classes de vocabulaire ou de sous-ensemble lexicaux ou terminologiques;
3) de caractériser des ensembles lexicaux; et
4) de réunir des chercheurs provenant de pays différents.
Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la didactique, de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, des sciences de l’information et des divers domaines spécialisés contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.
Thème du colloque :