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Daniel Laliberté : Université Laval
Le concept d' « initiation
chrétienne » est aujourd'hui couramment utilisé dans la pastorale
catholique ». « Initiation » remonte à l'Antiquité, où les Pères
de l'Église l'ont emprunté au paganisme. Il y a déjà là un indice qu'il s'agit
ici d'un dynamisme anthropo-sociologique important, au point de passer
par-dessus de sérieuses réserves pour en faire un lieu théologique.
Sorti du placard par Mgr
Duchesne en 1889, le terme a progressivement retrouvé droit de cité au fil du
20e siècle. Toutefois, entretemps étaient nées les sciences
humaines, de sorte que le mot ne pouvait plus être considéré comme relevant du
seul domaine de la théologie. Sociologie, ethnologie et anthropologie (Weber,
Éliade, Lévi-Strauss, Van Gennep, Turner…) se sont penchées sur ce processus
qu'on découvrait présent dans plusieurs sociétés et notamment dans celles qu'on
qualifiait de « primitives », faute de meilleure expression à
l'époque pour désigner ces groupes où les étapes de la vie et l'intégration
sociale donnaient lieu à une ritualisation destinée à ancrer l'histoire de
chaque individu dans la longue tradition clanique. Parallèlement, la
psychologie (Erikson, Fromm…) s'intéressait aux mécanismes psychiques mis en
œuvre quand individu et groupe entraient en relation dans une dynamique de
quête d'identité. Enfin, les sciences historiques (Beauduin, Botte…)
permettaient de retrouver les sources antiques des rites chrétiens.
L’étude des rites constitue un champ de recherche qui transige avec toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Depuis le début du siècle dernier, plusieurs spécialistes ont développé diverses perspectives théoriques sur les rites (Durkheim, Mauss,Van Gennep, Reik, Turner, Douglas, Levi Makarius, Cazeneuve, Isambert, Grimes, Bell, Hall, Bourdieu, Goffman, Martens, Balandier, Rivière, Thomas, Maisonneuve, Girard, Segalen, Fellous, Cyrulnik, Wulf, etc.). Il ressort de leurs travaux que les rites ne peuvent plus être considérés commedes actes aliénants, mécaniques et figés. Ces auteurs ont plutôt mis en évidence leur univers symbolique très riche. Éliade, Caillois, Durand, Isambert et Sperber (156-159) se sont notamment intéressés au sémantisme de cette dimension symbolique. Bourdieu de son côté a reconnu qu’ils sont des actions hautement significatives dans la mesure où ils rendent visible l’identité. Ils permettent l’acquisition progressive d’habitus, de comportements, d’attitudes, de dispositions d’esprit, etc. Plusieurs auteurs ont aussi analysé leur fonction sacramentelle en vue d’un rapport au sacré ou à une transcendance. De sa perspective sociologique, Goffman les analysait à travers ses descriptions des interactions sociales. D’autres auteurs plus contemporains, comme Gebauer et Wulf, ont relancé les études sur les rites en insistant sur leur performativité et leur transmission par mimétisme. Le champ des études sur les rites est donc largement ouvert et plusieurs approches théoriques s’y rencontrent. À cet égard, nous désirons rassembler des chercheurs de tous les horizons disciplinaires pour faire état des travaux les plus récents sur les rites.
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