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Mathieu LÉVESQUE : UQAM - Université du Québec à Montréal
Défini par l'Association québécoise des polyamoureux comme « la volonté, la pratique ou l'acceptation de vivre une relation amoureuse impliquant plus de deux personnes avec la pleine connaissance et le consentement de chaque personne concernée [...] », le polyamour est encore aujourd'hui méconnu dans sa concrétude. Nous pouvons toutefois en situer l'émergence en l'articulant à l'effritement de la prégnance des institutions traditionnelles et à l'autonomisation partielle des différentes “sphères” de l'intimité comme la famille, la sexualité et l'amour. M'appuyant sur 16 entrevues menées avec les membres de l'Association, j'aborderai les principales thématiques relatives à ce mode de vie: valeurs (authenticité, communication, liberté), configuration relationnelle (hiérarchie, famille, trio), gestion des attentes, des limites et des besoins émotionnels (jalousie, diversité, temps). Puisque qu'ils vivent à la marge du couple, forme conjugale partagée par la majorité des individus et impliquant une série de normes implicites desquelles il est ardu de prendre distance, les polyamoureux sont appelés à se doter d'une entente ressemblant à un contrat ouvertement négocié. Les difficultés et défis associés à la création de la multiplicité de ces formes relationnelles révèlent les dynamiques à l'œuvre dans la transformation des cadres normatifs de l'intimité.
Les cadres normatifs et les pratiques de l’intimité, amoureuse ou érotique, ont fait l’objet de transformations importantes dans les sociétés occidentales contemporaines. Sans prétendre à l’exhaustivité dans la description de ces transformations, on peut relever la légitimation de l’amour érotique en tant que fondement de la relation durable et la détraditionalisation de ses cadres normatifs; la croissante individualisation et concentration sur soi des agents, ainsi que l’intensification de l’autorité individuelle sur le projet de vie et son évaluation; les mouvements d’émancipation des femmes et des homosexuels, qui ont changé les enjeux normatifs dans le cadre de l’expérience amoureuse; la « thérapeutisation » de la relation et de la communication d’amour; la recherche de formes alternatives d’« authenticité » émotive par rapport à la tradition du mariage bourgeois; l’inclusion réflexive, dans le « travail » par rapport à la relation d’amour, de la conscience de l’instabilité constitutive de la relation même; les modes de rencontre; la place croissante des nouvelles technologies de l’information dans les rencontres et dans les échanges conjugaux, etc. Ce colloque vise à documenter les nouvelles formes de l’expérience intime, amoureuse et érotique, contemporaine.
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