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Isaac Nahon-Serfaty
Dans cette communication nous nous interrogeons sur le rôle du temps dans la configuration du discours sanitaire. Nous allons suivre la démarche proposée par Paul Ricœur dans son ouvrage Temps et récit afin d'intégrer la dimension temporelle dans un modèle interprétatif du discours sur la santé et la maladie. Or les notions sur les temporalités de la narration soulevées par Ricœur ne suffiront pas à l'heure de rendre compte de tous les éléments engagés dans les discours sur la santé publique. Une démarche analytique inspirée par la pensée du philosophe français servira à expliquer le mode de fonctionnement du discours sur la santé sur le plan diachronique (l'articulation du passé, du futur et du présent). De façon complémentaire, la théorie sémio narrative de Greimas aidera à mieux saisir la production du sens à partir de la notion de programme narratif afin de rendre compte du programme narratif du passé (la reconstitution d'une mémoire commune), et celui du futur (la promesse d'un avenir).
Dans les dernières décennies, l’analyse des discours, des conversations ou du langage dans les organisations a nourri de nombreux travaux en sociologie, en management, en linguistique, en sciences politiques et en communication (Drew et Heritage, 1992; Boje, 1991; Boden, 1994; Boutet, 1995; Borzeix et Frankel, 2001; Bargiela-Chiappini, 2009; Robichaud et Cooren, 2013; etc.). Les chercheurs ont été amenés à réfléchir au rapport intime qui se nouait entre le langage et les organisations (Alvesson et Deetz, 1996; Piette et Rouleau, 2009). Beaucoup d’entre eux ont les discours (sous toutes leurs formes) comme problématique et/ou méthodologie de recherche et insistent sur leur rôle dans la compréhension des phénomènes organisationnels (Keenoy et al., 1997; Oswick et al., 1997, Iedema et Wodak, 1999; Mumby, 2004, etc.). Or le mot discours est parfois utilisé avec différentes acceptions, ce qui génère une certaine confusion (Jian et al., 2008). Alvesson et Karrëman (2000) suggèrent alors de distinguer le « discours » (d minuscule) et le « Discours » (D majuscule). Le discours (d) renvoie plus spécifiquement aux conversations et textes produits au cours d’une interaction. Les chercheurs sont plus sensibles au « talk-in-interaction » dans des contextes spécifiques (prise de décision collective, réunion de travail, situations de crise). Les méthodes sémiotique, narratologique, ethnométhodologique, sociolinguistique ou pragmatique sont mobilisées pour étudier les processus discursifs et les interactions s’accomplissant au sein des organisations. On voit émerger tout un ensemble de travaux abordant l’organisation comme une métaphore discursive – qui met en récits des événements organisationnels pour leur donner du sens (Czarniawska, 1998) – ou comme un système narratif (Boje, 1991). Par contre, le « Discours » (D) réfère à une vision foulcadienne du discours et les travaux relevant d’approches critiques s’inscrivent souvent dans une analyse des relations de domination et de contrôle. Ce sont donc les discours produits par les organisations qui vont intéresser les chercheurs (discours de la responsabilité sociale, discours managériaux), autant de registres ou répertoires à analyser (Whetherell, 1998). L’objectif de ce colloque est d’inviter les chercheurs à une réflexion à la fois théorique et méthodologique sur la question de l’analyse des « discours organisationnels ». Ce sera l’occasion d’interroger les développements théoriques récents sur le sujet et les méthodes d’analyse mises en œuvre par les chercheurs intéressés à mieux comprendre les organisations et l’« organizing » (les processus organisant) en ayant comme point d’entrée l’analyse des « discours organisationnels ».
Thème du colloque :