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Stéphanie Gaudet : Université d'Ottawa
Dans son ouvrage, La participation contre la démocratie, Jacques T. Godbout explique comment les consultations publiques tendent à atténuer voire à faire disparaître le rapport politique entre les citoyens et l'État. En effet, ces processus peuvent avoir pour conséquences de transformer le citoyen en usager : de désenchanter sa participation. Devant la démocratie représentative et la démocratie participative, il y a souvent peu d'espace pour l'activité et la parole des citoyens. Dans cette communication, nous présenterons comment des jeunes ont construit un nouvel espace de changement social, un espace entre les sphères marchande et sociale. Nous proposons d'analyser l'entrepreneuriat social comme une des nouvelles formes d'engagement investi par des jeunes rencontrés lors de notre recherche sur les parcours de participation. Nous proposons deux pistes d'analyse pour comprendre le phénomène. D'abord, « être entrepreneur de sa vie » et démarrer un projet fait partie du répertoire social des jeunes. Il est également lié au discours néolibéral. La deuxième est que la montée de projets économiques ayant pour dimension centrale le social laisse croire en une manifestation de la décentralisation du politique comme espace de participation des citoyens. L'implication par la sphère marchande pourrait être perçue comme une forme d'évitement du rapport au politique, mais nos résultats laissent croire que le projet individuel est une forme d'innovation qui prend un sens politique.
Ce 7e colloque organisé en partenariat avec l’Institut du Nouveau Monde (INM) propose d’approfondir la compréhension des tensions entre la participation et la démocratie en explorant trois thèmes de la pensée de Jacques T. Godbout : 1) les effets pervers de la participation en démocratie; 2) les relations entres les professionnels et les usagers; et 3) l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. Ce colloque sera l’occasion de réfléchir à la pertinence de cette analyse pour le Québec en présence de l’auteur.
Il y a un peu plus de 30 ans, Jacques T. Godbout, présentait dans son livre La participation contre la démocratie un regard critique et lucide sur les tensions entre la démocratie représentative et les dispositifs de participation mis en place par les gouvernements pour légitimer leurs actions en instrumentalisant la parole des citoyens.
La démocratie des usagers poursuit cette réflexion et problématise les effets pervers de la participation des citoyens dans le contexte des sociétés libérales contemporaines. Il démontre que la relation expert-usager se substitue au lien politique dans les différents programmes et organismes de l’État. En faisant la promotion de la participation au sein de la relation professionnels-usagers, l’État affaiblit, voire évacue, la possibilité du jeu démocratique.
La participation n’a pas que des effets pervers. Jacques T. Godbout s’est également penché sur l’articulation entre la participation et l’innovation sociale. La participation permet-elle de développer une société innovante et comment?
Il s’agira, au cours de ce colloque, de réfléchir aux thèmes proposés par Godbout, de les confronter à des cas d’actualité et d’en comprendre la portée 30 ans plus tard...