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Stéphane LABBÉ : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Bien que les fondateurs de la Grounded Theory (GT) aient clairement mentionné, dès la publication de leur ouvrage fondateur en 1967, qu'il est possible de mener des analyses qualitatives et quantitatives dans le cadre d'une démarche générale inductive, la grande majorité des publications en GT sont qualitatives. De plus, très peu de méthodologues ont publié des ouvrages pédagogiques destinés aux étudiants et chercheurs qui désirent mener des analyses quantitatives ou mixtes en se référant aux principes épistémologiques propres à la GT. Pourtant, la polarité entre l'induction et la déduction ne doit pas être confondue avec celle entre le quantitatif et le qualitatif. En effet, bien des recherches qualitatives sont menées dans une logique hypothético-déductive et il est possible de réaliser des analyses quantitatives en ne rédigeant pas un cadre théorique et en ne débutant pas la démarche par le choix d'une hypothèse à vérifier. Il est cependant nécessaire, une fois que les intuitions à vérifier ont émergé, de respecter les critères de scientificité du paradigme quantitatif.
Nous souhaitons donc montrer qu'une approche inductive est possible en contexte quantitatif, et que les principes généraux de la GT demeurent applicables dans pareille situation. Nous tenterons également d'exemplifier notre propos en ayant recours à la démarche méthodologique de notre projet de recherche La place du livre québécois dans les principaux quotidiens du Québec.
Héritée de la valorisation des sciences explicatives au détriment des sciences compréhensives (Apel, 1979), la dichotomie entre méthodes qualitatives et méthodes quantitatives est courante en sciences sociales. Cette dichotomie fait ombrage aux apports et à la pertinence des méthodes mixtes, soit aux démarches méthodologiques combinant qualitatif et quantitatif. Pourtant, dès l’ouvrage fondateur de la méthodologie de la théorisation enracinée MTE, Glaser et Strauss affirmaient : « Dans de nombreuses situations, les deux formes de données sont nécessaires » (Glaser et Strauss, 2010 [1967] : 104).
L’augmentation des recherches multidisciplinaires et des recherches institutionnelles encourage l’usage des méthodes mixtes. Par contre, ces méthodes soulèvent de nombreux questionnements épistémologiques, méthodologiques et académiques. Les méthodes mixtes relèvent-elles des approches inductives ou déductives? Comment les deux formes de données se combinent-elles, les données qualitatives ne sont-elles que des préludes aux validations statistiques? Les corpus de formations universitaires actuels favorisent-ils l’usage et la reconnaissance des méthodes mixtes?
Sous forme de forum, ce colloque interdisciplinaire réunira des chercheurs universitaires et institutionnels qui utilisent les méthodes mixtes. Il sera également l’occasion d’échanges méthodologiques entre chercheurs et étudiants.
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