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Richard-Emmanuel Eastes : École normale supérieure
Dans le processus de communication scientifique, l'tulisation du personnage du clown donne un nouveau regard sur les sciences et les expériences démonstratives. Les Atomes Crochus, depuis les pièces de théâtres standard jusq'au théâtre de rue, explorent et exploitent les trésors cachés de la figure du clown, dans une co-construction entre les scientifiques et les comédiens.
Grâce à la figure du clown, la relation aux sciences devient plus libre, plus naïve et plus impertinente permettant au public une recherche active de compréhension ou de clarification avec les sciences. Le clown de science par le capital "sympathie" qu'il a auprès du public peut devenir une figure essentielle dans le paysage de la communication scientifique.
La rencontre entre les sciences et le spectacle vivant a donné naissance à un genre complexe, une sorte d’hybride produisant des pièces de théâtre, mais aussi des spectacles de magie, de chansons, de danse, de clowns, des cabarets, des démonstrations « spectaclisées »… Présentés pour différents publics dans des théâtres, musées et écoles, en de multiples occasions, événements locaux, nationaux, opportunités diverses, tous posent des questions relatives à leurs choix artistiques, esthétiques, à leurs contextes de création, à leur montage et mise en œuvre et, finalement, à la dynamique de leur réception. Ces actions relèvent-elles de la pédagogie, de la culture, du « scienc’tainment » comme on dit « info’tainment »? Ne sont-elles pas un « usage social des sciences »? Qu’est-ce qui « fait œuvre »?
Ce colloque soulève les problématiques de recherche que l’on peut conduire sur ces objets culturels particuliers : recherches relevant de l’esthétique, de la communication, de la didactique et de l’épistémologie, pour, in fine, en comprendre les dynamiques de réception. Ces recherches relèvent nécessairement de l’interdisciplinarité, croisant sciences humaines et autres disciplines scientifiques, sous des formes qu’il convient aussi d’interroger, en amont – pendant la phase de création –, pendant et après les représentations (au sens théâtral!). Elles doivent aussi nécessairement interroger les acteurs (au sens sociologique) et l’œuvre comme processus. Leur cadre général n’entre-t-il pas dans un questionnement autour de la circulation culturelle des savoirs ou de l’anthropologie culturelle des savoirs? N’est-ce pas, finalement, parce que les savoirs sont moins présents qu’ils ne le sont pas plus?
Autant de questions qui devraient permettre de participer à la construction de ce champ de recherches en émergence, mais aussi d’offrir à la communauté artistique et pédagogique des éléments pour conforter leurs actions ou en développer de nouvelles.
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