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Pénélope Daignault : Université Laval
Ces 20 dernières années, de plus en plus d'ouvrages, de revues et de colloques scientifiques sont consacrés aux méthodes mixtes, signe qu'elles ont acquis une certaine légitimité. Placées au cœur de tensions entre deux courants de recherche à l'apparence irréconciliable, les méthodes mixtes sont à la fois considérées comme une méthodologie à part entière, comme une pratique de recherche et comme un champ de recherche. Les efforts des défenseurs de la recherche mixte pour l'affranchir des stéréotypes propres à chacun des deux courants ont donné lieu à l'élaboration de principes permettant de mener une recherche en combinant, à toutes les étapes de recherche, les deux types de données. Tout un vocabulaire s'est constitué autour des méthodes mixtes. Des postulats philosophiques, des typologies, des stratégies de collecte, d'analyse et d'interprétation de données mixtes, et même des critères de scientificité de la recherche mixte ont été proposés. Or, ces principes philosophiques, analytiques et interprétatifs ne font pas consensus au sein de la communauté de chercheurs, et ils soulèvent la question d'une recherche idéalisée qui s'arrime mal à la pratique. Force est de constater que les chercheurs ouverts à la recherche mixte se butent souvent à des contraintes tant institutionnelles que relatives au manque de connaissances et de modèles intégrateurs de données mixtes dans la littérature. Nous proposons de mettre en exergue les défis auxquels sont confrontés ces chercheurs.
Héritée de la valorisation des sciences explicatives au détriment des sciences compréhensives (Apel, 1979), la dichotomie entre méthodes qualitatives et méthodes quantitatives est courante en sciences sociales. Cette dichotomie fait ombrage aux apports et à la pertinence des méthodes mixtes, soit aux démarches méthodologiques combinant qualitatif et quantitatif. Pourtant, dès l’ouvrage fondateur de la méthodologie de la théorisation enracinée MTE, Glaser et Strauss affirmaient : « Dans de nombreuses situations, les deux formes de données sont nécessaires » (Glaser et Strauss, 2010 [1967] : 104).
L’augmentation des recherches multidisciplinaires et des recherches institutionnelles encourage l’usage des méthodes mixtes. Par contre, ces méthodes soulèvent de nombreux questionnements épistémologiques, méthodologiques et académiques. Les méthodes mixtes relèvent-elles des approches inductives ou déductives? Comment les deux formes de données se combinent-elles, les données qualitatives ne sont-elles que des préludes aux validations statistiques? Les corpus de formations universitaires actuels favorisent-ils l’usage et la reconnaissance des méthodes mixtes?
Sous forme de forum, ce colloque interdisciplinaire réunira des chercheurs universitaires et institutionnels qui utilisent les méthodes mixtes. Il sera également l’occasion d’échanges méthodologiques entre chercheurs et étudiants.
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