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Gil Labescat
L'analyse des funéraires contemporains soulève
des difficultés épistémologiques particulières. L'essentiel de mon propos articule
des propositions épistémologiques autour de l'approche complémentariste ethnopsychanalytique
(Devereux, 1972 ; Brohm, 2008). Je montre comment la démarche d'étude
critique en sciences humaines permet de renouveler, à la fois, l'analyse des
pratiques rituelles, et celle des phénomènes funéraires actuels. Pour ce faire,
ma réflexion s'attache à l'étude d'un phénomène émergent depuis trente ans en
Amérique du Nord et en Europe : la crémation. Ma communication est
construite autour de deux principaux axes argumentatifs. Dans le premier axe, il s'Agit de reconnaître du rite dans la
réalité sociale sans prédéterminer la forme que l'on cherche ? Le second
axe relève de la spécificité de l'objet d'étude qu'est la mort.
L’étude des rites constitue un champ de recherche qui transige avec toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Depuis le début du siècle dernier, plusieurs spécialistes ont développé diverses perspectives théoriques sur les rites (Durkheim, Mauss,Van Gennep, Reik, Turner, Douglas, Levi Makarius, Cazeneuve, Isambert, Grimes, Bell, Hall, Bourdieu, Goffman, Martens, Balandier, Rivière, Thomas, Maisonneuve, Girard, Segalen, Fellous, Cyrulnik, Wulf, etc.). Il ressort de leurs travaux que les rites ne peuvent plus être considérés commedes actes aliénants, mécaniques et figés. Ces auteurs ont plutôt mis en évidence leur univers symbolique très riche. Éliade, Caillois, Durand, Isambert et Sperber (156-159) se sont notamment intéressés au sémantisme de cette dimension symbolique. Bourdieu de son côté a reconnu qu’ils sont des actions hautement significatives dans la mesure où ils rendent visible l’identité. Ils permettent l’acquisition progressive d’habitus, de comportements, d’attitudes, de dispositions d’esprit, etc. Plusieurs auteurs ont aussi analysé leur fonction sacramentelle en vue d’un rapport au sacré ou à une transcendance. De sa perspective sociologique, Goffman les analysait à travers ses descriptions des interactions sociales. D’autres auteurs plus contemporains, comme Gebauer et Wulf, ont relancé les études sur les rites en insistant sur leur performativité et leur transmission par mimétisme. Le champ des études sur les rites est donc largement ouvert et plusieurs approches théoriques s’y rencontrent. À cet égard, nous désirons rassembler des chercheurs de tous les horizons disciplinaires pour faire état des travaux les plus récents sur les rites.
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