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L'habiter en perspective : Merleau-Ponty et Canguilhem sur la notion de qualité de vie

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Semyon Tanguy : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

J'aimerais m'intéresser à la philosophie des valeurs et à l'ontologie de la vie de Canguilhem et Merleau-Ponty, parce qu'elles me semblent éminemment politiques. Plus précisément, je souhaiterais me centrer autour de la triade récurrente sens-norme-valeur, observer de quelle façon elle leur permet de concevoir la genèse de la relation entre le vivant humain et son milieu d'une manière originale. Il s'agira donc dans la première partie de mon exposé d'élaborer ce qu'habiter veut dire chez Merleau-Ponty et Canguilhem. Ce qui m'attire particulièrement dans cette approche, c'est qu'elle porte beaucoup d'attention aux différents processus de valorisation des milieux par les vivants, et plus particulièrement par les vivants humains. Or, lorsqu'on décompose ces processus, on se rend compte qu'ils permettent d'évaluer non seulement la qualité de vie du vivant relativement à tel ou tel milieu, mais également la qualité d'accueil des milieux. La deuxième partie de mon exposé développera les conséquences politiques de cette conception de l'habiter. Ce qui reviendra à élaborer dans le même mouvement un outil diagnostic de la viabilité générale de tel ou tel milieu existant, un outil prospectif pour jauger l'incidence de projets d'aménagement de l'espace sur la qualité de vie, et un outil critique des idéologies, valeurs et images du monde qui constituent les fondations normatives de ces milieux et de ces projets.

Résumé du colloque

L’amorce de toute philosophie semble être l’expression d’un état de crise. De la crise de la démocratie athénienne sans cesse ressassée par Platon à celle des sciences européennes théorisée par Husserl, de la crise qui ébranle l’autorité des Anciens au moment où la modernité prend un certain essor à la crise de cette modernité même qui s’exprime chez ceux qui proclament l’imminence de son dépassement, chaque fois il semble que l’urgence de philosopher soit l’effet d’une crise qu’on s’efforce de penser et à laquelle il faut réagir.

Tantôt c’est la philosophie elle-même qui se sent en crise et qui cherche à définir les conditions de légitimité de sa pratique – par exemple sous la forme de la critique kantienne; tantôt la philosophie met le monde qui l’entoure en crise parce qu’elle trouve qu’il ne s’interroge pas assez sur son ordre établi – comme dans l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu; tantôt enfin la philosophie s’offre comme réponse à une crise qui sème l’insécurité − on peut alors penser à la philosophie hobbesienne face à la guerre civile qui sévit en Angleterre. La crise, qu’elle soit à l’échelle individuelle, sociale ou qu’elle affecte l’être en son entier, commande l’urgence de philosopher.

Les questions qui sont ouvertes par ce thème sont nombreuses et cherchent à rendre possible la constitution d’échanges féconds entre philosophes issus de toutes les spécialisations et de toutes les écoles. De quelle crise le besoin exprimé par la société civile pour l’éthique est-il le symptôme? De quels types de crise la philosophie peut-elle être victime? Quels réconforts ou solutions peut-elle offrir lorsque le monde est en crise? Comment peut-elle accompagner les autres disciplines dans les soubresauts de légitimité qu’elles subissent? Les crises n’ont-elles que des aspects négatifs? Comment penser leur utilité? On le voit, ce thème peut être déployé de manière à interpeller tous les champs de la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2014 (82e édition) :
La recherche : zones de convergence et de créativité
section icon Date : 15 mai 2014

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