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Stéphanie Demers : UQO - Université du Québec en Outaouais
Les résultats de recherche (Barton, 2001 ; Cooper et Capita, 2003; Lee, 2004) indiquent que les élèves d'âge primaire ont peine à périodiser et à identifier la continuité et les ruptures historiques, en outre en raison de leur difficulté à reconnaître les repères temporels. Les études de VanSledright (2002) et de Pontecorvo et Girardet (1993) démontrent toutefois que les élèves âgés de 9 à 11 ans comprennent le temps moyen et le temps long et qu'ils sont capables de perspective temporelle lorsqu'ils sont accompagnés pour saisir les repères qui marquent les ruptures, particulièrement lorsque ces repères sont issus d'éléments familiers ou de la culture matérielle.
Ces résultats permettent de postuler qu'un accompagnement soutenu des élèves dans l'interprétation de sources issues du patrimoine local, que l'on peut définir comme lecture et interprétation du patrimoine bâti, favoriserait le développement de certaines dimensions de la pensée historique, ainsi que la possibilité d'aborder avec eux d'autres types de sources selon leur contexte, de réappliquer le processus d'interprétation à des situations similaires et d'extrapoler du particulier au général (Cooper et Dilek, 2007).
Cette communication explorera le potentiel de quelques approches visant à développer la compétence à lire et interpréter les repères temporels et causaux que peut fournir le patrimoine bâti. Les apprentissages liés à l'histoire locale réalisés par des élèves de 5e et 6e années du primaire seront présentés.
Ce projet de colloque découle des travaux menés au Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (UQAM), et vise à susciter les échanges au sein d’un réseau élargi de chercheurs et de praticiens concernés par l’innovation pédagogique prenant appui sur le patrimoine culturel, dans différents contextes associés à l’éducation formelle.
Notre projet de colloque s’inscrit ainsi dans une perspective interdisciplinaire au carrefour de préoccupations scientifiques et professionnelles centrées sur les dispositifs de formation impliquant le recours au patrimoine culturel. Alors que l’exploitation des ressources patrimoniales fait l’objet de préoccupations grandissantes du primaire à l’université, exploitation renouvelée notamment par l’apport du numérique, comment le patrimoine culturel devient-il une ressource pédagogique aux yeux de formateurs de différents ordres et disciplines ou domaines d’enseignement? Quel est ce patrimoine dans la mire des éducateurs? Quelles sont les pratiques originales et innovantes mises en place au Québec, du primaire à l’université, et quels en sont les principaux bénéfices? Dans quels contextes disciplinaires ces pratiques pédagogiques se développent-elles? Quels sont les visées de formation, les objectifs poursuivis, les stratégies adoptées et les effets de ces pratiques? Jusqu’à quel point ces pratiques conduisent-elles à une sensibilisation et une appréhension critique du patrimoine culturel, qu’il soit immatériel, paysager, urbain, ou encore formé d’une collection muséale?
Des acteurs proposeront une analyse réflexive de leur pratique pédagogique, dans la perspective de contribuer à valoriser le patrimoine et la mémoire collective en contexte d’éducation formel. Au final, ce colloque vise à ouvrir de nouvelles perspectives à la recherche et au développement des pratiques pédagogiques en lien avec le patrimoine culturel dans des contextes disciplinaires variés : sciences humaines, histoire, muséologie, et éducation.